Tout Tango Magazine

Des musiciens prennent leur vie en mains !


Rédigé le Dimanche 29 Décembre 2013 | Lu 405 fois


Dossier de Solange Bazely paru dans la magazine Tout Tango n°19 - avril juin 2009

A l’heure où le niveau des musiciens ne cesse d’augmenter et que la créativité n’est pas en reste, certains artistes, non contents de subir le triste constat d’un problème récurrent de diffusion de leur musique, prennent leur sort en main. On a beau dire, ils connaissent mieux la crise économique que nous mais ne laisseraient jamais mourir leur vieux par canicule ou solitude. L’Argentin a toujours plein de ressources humaines. La créativité serait-elle exacerbée lorsqu’on a moins de moyens ? Je vous laisse y réfléchir.
Nous avons recueilli quatre expériences, quatre façons de promouvoir la musique pour aller à la rencontre du public.


Real Book Argentina

 

L’idée a surgi en septembre 2007 d’une discussion entre le pianiste Esteban Sehinkman et le journaliste César Pradines (La Nación).

Sur le modèle du Real Book des années 60/70 aux Etats-Unis (livre-ressource qui rassemble des partitions de standards de jazz), le Real Book Argentina regroupe les partitions de plus de 150 compositeurs d’aujourd’hui autour du concept de jazz Argentin qui recouvre une très grande variété d’influences. 

 

“Cette compilation surgit dans un moment d’intense créativité du jazz argentin. Il reflète et aide à légitimer ce qui se passe dans les clubs et sur les scènes de jazz en Argentine. Elle combine des auteurs consacrés avec d’autres qui débutent leur vie artistique, ce qui fait de ce travail une radiographie complète de la composition jazzistique“, écrit César Pradines.

 

Sorti en octobre 2008 à Buenos Aires, il a aussi été présenté le 20 janvier dernier à Madrid et le sera en avril à New-York. Un supplément de 50 thèmes devrait voir le jour d’ici la fin de l’année.

 www.realbookargentina.com 

 

 


Club del disco

 

Créé en mai 2005, ce Club del disco est né de l’initiative commune d’artistes et d’amateurs de musique authentique, indépendante afin de promouvoir de la musique de qualité, underground, hors sentiers battus. Fondé par Santiago Vázquez, percussioniste (fondateur de Puente Celeste directeur de la Bomba de Tiempo) qui en est l’actuel directeur artistique, il est devenu une alternative incontournable et un véritable réseau de diffusion efficace.

 

“Aujourd’hui un musicien peut enregistrer et fabriquer un disque plus facilement, sans obligation de signer avec un label. Le problème se pose au moment de l’indispensable diffusion : de la vente du disque à la rencontre avec le public, sans parler des médias. Du côté du public, la multiplicité de l’offre et le manque de temps à dédier à cette recherche, rend chaque fois plus difficile à repérer ce qui vaut la peine et ce qui l’est moins. Le Club del disco assure la connexion entre la bonne musique et le public curieux, se positionnant comme une nouvelle alternative qualitative. En 2005, il y avait 200 abonnés et nous en comptons actuellement plus de 2.000, répartis dans tout le pays et dans quelques autres (Brésil, Uruguay, Colombie, Mexique, Etats-Unis, Espagne, France, Italie, Allemagne et Japon). Une des grandes vertus du Club est qu’il touche avec ses disques n’importe quel coin de la planète”, commente Germán Andrés.

 

Le Club del disco fonctionne par abonnement, avec deux souscriptions possibles : disque du mois et sélection latino-américaine pour 4 pesos mensuels avec envoi de disque à domicile, accompagné d’une revue très complète. Plus de 200 disques ont déjà été présentés, 45 sélections “disque du mois”, 18 sélections “latino-américaine” et le reste avec des nouveautés du catalogue, en majorité des disques de compositeurs argentins.

 

Pour découvrir des perles musicales, étranges, fascinantes, étonnantes, de fusion en toute liberté, le Club del disco est tout indiqué.

www.clubdeldisco.com


El Después at the Café
El Después at the Café

Tango Contempo

 

Tango Contempo est né de la nécessité de réunir, diffuser et stimuler la nouvelle génération de musiciens, qui ont leur racine musicale dans les rythmes et les formes qui sont nées et/ou se sont développées à Buenos Aires : le tango, la milonga, la valse et le candombe en particulier.

Tango Contempo représente tous ces musiciens et les rassemble pour unir leurs forces auprès des lieux, de la presse et des possibilités de diffusion.

Beaucoup de référents de cette nouvelle génération vivent à l’étranger mais continuent à maintenir des liens musicaux avec Buenos Aires, en explorant de nouvelles formes et langages qui élargissent les limites du tango.

 

Sept musiciens coordonnent les activités : Esteban Falabella, Diego Schissi, Daniel Ruggiero, Sebastián Prusak, Emiliano Greco, Nicolas Guershberg et Juan Pablo Navarro.

 

“La qualité artistique des groupes qui ont rejoint ce mouvement est indiscutable pour les connaisseurs mais le grand public ne participe pas aux concerts par manque d’informations et de connaissance de son histoire”, explique le guitariste Esteban Falabella, à l’initiative de ce projet.

 

Tango Contempo souhaite générer des lieux de diffusion, à travers la production de cycles de concerts, faire connaître la pensée artistique des créateurs et interprètes, à travers des reportages, contribuant à une meilleure connaissance du public en général, de publier des productions musicales et des concerts dans une rubrique virtuelle, générer le rapprochement et l’échange entre collègues et étudiants.

 

Prochainement un site proposera l’expression musicale de ces créateurs d’aujourd’hui, l’agenda des concerts, des articles, des informations sur les musiciens et les disques produits.

Tango Contempo est la plateforme d’un mouvement musical qui est une réalité, qui a une tradition, une identité, qui est vivante et en constante croissance. 

Cette idée globale réunit tous les musiciens du monde entier qui font de la musique avec l’empreinte de Buenos Aires. Le premier volet aura lieu le 16 avril prochain. (tangocontempo.com)

 

 


Buenos Aires sur Scène

 

Issue du même constat que Tango Contempo, c’est la version parisienne de cette même préoccupation.

 

“Les historiens disent qu’il a fallu que le tango passe par Paris pour sortir des bordels de Buenos Aires où il serait né. Ce qui est certain, c’est que de grands noms de la musique argentine comme Eduardo Arolas, Carlos Gardel, Astor Piazzolla et Atahualpa Yupanqui n’ont cessé de traîner leurs notes dans la capitale française depuis un siècle, et qu’une fascination étonnante et réciproque a toujours rapproché de façon insolite la Seine et le Río de la Plata“.

 

Buenos Aires sur Scène est un collectif de musiciens qui se propose de réunir “ce qui se fait de mieux“ avec une programmation éclectique dans le domaine du tango qui s’écoute, plus qu’il ne se danse. Un tango qui, fidèle à son histoire, se transforme en permanence. Au delà du tango, la programmation inclut volontiers les nouvelles expressions de la musique folklorique d’Argentine.

Buenos Aires sur Scène est une sorte de “label de qualité“. 

 Studio de L´Ermitage 8, rue de L´Ermitage 75020 Paris

L´Entrepot 7 / 9 rue Francis de Pressensé 75014 Paris

www.myspace.com/buenosairessurscene

Solange Bazely




Nouveau commentaire :
Twitter