cours, ateliers, practicas, milongas, conférences, spectacles, musicalisation....
Certains peuvent envisager l'apprentissage du tango avec une certaine appréhension ou avec des représentations faussées. Le but de ce post est d'en poser les perspectives, de rectifier quelques éventuelles idées reçues  et de donner quelques conseils au débutant qui lui permettent de bien évoluer.

- Le tango argentin n'est pas une activité marginale sur Toulouse. Il y a en effet possibilité de le pratiquer quasiment tous les soirs de la semaine et du week end tant le réseau associatif  qui s'y dédie est dense. Pour un danseur les possibilités de sorties dans le circuit du tango argentin sont donc importantes d'un point de vue numérique.

- Le tango argentin n'a pas vocation à s'apprendre avec les mêmes méthodes que d'autres danses de couple (et notamment les danses de salon). Si vous avez déjà pris des cours d'autres danses, il vaut donc mieux ne pas y importer calquer des schémas ou des concepts venus d'ailleurs tels que le "pas de base", ou des "passes". Le "pas de base" du tango c'est tout simplement la marche! Quant aux "passes" ou aux "enchainements" autant oublier le concept en bal, car il n'y a tout simplement pas la place de les "caser". Le tango est une danse d'improvisation, donc chaque pas peut ouvrir sur quatre ou cinq possibilités différentes. Par contre une structure peut être un prétexte à travailler en cours un certain nombre d'éléments essentiels (par contre elle a vocation à être décomposée et recomposée de plusieurs façons). Plutôt que de focaliser sur des formes, le vrai sujet porte sur la maîtrise de certains éléments indispensables: l'ancrage au sol, l'axe, la dissociation, la fluidité de la jambe libre et surtout la connexion et la musicalité. On peut connaitre plein de structures sans avoir travaillé les éléments précités... pour un résultat désastreux

-Soyez réguliers dans l'apprentissage: venir en cours quand on en a envie seulement ne sera jamais un moyen d'évolution. Le tango demande une implication et une régularité durant les premières années d'apprentissage.

-La question du (de la) "partenaire" est souvent posée. Faut il venir avec un partenaire? La réponse est simple. On peut venir avec un partenaire qu'on connait déjà et avec qui on s'entend bien mais ce n'est pas une obligation, car la plupart des participants s'inscrivent aux cours  en solo. Le "marché" se fait donc sur place  à chaque cours en fonction des présents et des affinités de travail. Toutefois le travail avec un partenaire fixe connait de vraies limites avec notamment le risque de figer son tango dans des formules et des arrangements avec une seule personne, en pénalisant l'adaptabilité avec d'autres  personnes. Or, si l'on apprend, c'est pour aller en bal, et le principe du bal c'est l'échange et la variété des partenaires. Il est donc recommandé durant les cours d'échanger les partenaires.
Petit détail à savoir pour les couples à la ville: être de parfaits partenaires dans la vie n'implique pas nécessairement qu'on sera les parfaits partenaires dans la danse (et vice versa, d'ailleurs)

- LE CONSEIL: Allez très vite danser.  La finalité d'apprendre une danse  c'est de danser en bal . Ne vous dites jamais que vous irez en bal lorsque vous aurez appris. Avec le tango on n'a jamais fini d'apprendre et de découvrir. A ce compte là vous serez tentés de reculer sans cesse l'échéance. L'évolution en tango passe par la combinaison de deux voies: le cours et le bal ou la pratique. Penser que l'on peut faire l'impasse sur l'un ou sur l'autre est le meilleur moyen de ralentir son évolution. C'est pourquoi le forfait de cours inclut deux practicas dirigées et tous les participants à nos cours réguliers disposent d'une entrée automatique à chacune des practilongas organisées.
Meme si l'on ressent une certaine appréhension lors de la première milonga où l'on se rend, que l'on y danse peu, et qu'on puisse s'y sentir comme un alien, on y intègre les contraintes de la densité et de la circulation, on observe les autres danseurs (et l'observation est souvent un facteur de compréhension du mouvement, conscient ou inconscient), et surtout on s'imprègne de la musique et des diverses énergies des grands orchestres de tango. Enfin on y expérimente et met en pratique pour soi même. En comparant ceux qui sont allés rapidement en bal par rapport à ceux qui ne l'ont pas fait parmi des personnes qui ont débuté l'apprentissage en même temps, il n'y a pas photo.

LE CONSEIL (N°2): apprenez aussi à changer de role.
Pensez d'entrée de jeu non pas en termes de rôle homme/femme mais guideur(se)/guidé(e). Les techniques fondamentales à acquérir sont en effet les mêmes quel que soit le rôle. Historiquement d'ailleurs en Argentine et en Uruguay les hommes apprenaient en se rendant dans les practicas (à l'époque interdites aux femmes). Celui qui voulait apprendre à guider devait d'abord apprendre à se faire guider. Ainsi il comprenait mieux les tenants et les aboutissants de la connexion et du guidage et il avait aussi plus de cartes dans sa manche quand il passait en mode guideur. Aujourd'hui le monde du tango en Europe est (enfin) mûr pour cette approche et il n'est plus rare désormais de voir des hommes danser ensemble, des filles guider des hommes etc. Assez souvent, ceux qui pratiquent l'échange de rôle sont d'ailleurs parmi les meilleurs danseurs. Petite précision: le fait de pratiquer le changement de rôle n'a aucune incidence sur vos orientations sexuelles, et vice versa.

CONSEIL N°3: rappelez vous toujours que le tango n'a pas besoin d'adjectif.
Une approche marketing peut tendre certains enseignants à accoler un qualificatif  au mot tango (la plupart du temps en le reliant à un style spécifique). Cette approche vise souvent à laisser penser à une spécificité particulière (et partant, à opérer une segmentation du "marché"). Nous jugeons cette approche réductrice. Pour nous, la responsabilité du transmetteur de tango doit etre de donner les outils nécessaires au développement par chaque danseur de son propre style en fonction de ses caractéristiques et non pas à l'enfermer dans un modèle spécifique préfabriqué, nécessairement réducteur. C'est pourquoi nous faisons le choix de concentrer l'enseignement sur les fondamentaux qui permettent à chacun d'approfondir ce qui lui convient le mieux: abrazo fermé, ouvert, semi ouvert, mouvement "tombé", "soutenu" ou "projeté" et bien sûr encourager le mix de tout ça le plus personnel que chacun pourra développer
CONSEIL N°4: Gardez toujours à l'esprit que la créativité passe par une maitrise préalable des codes.
"L'intérêt de maitriser une technique, c'est qu'elle permet d'exprimer un sentiment" disait Picasso. C'est encore plus vrai en ce qui concerne la danse. Un des discours les plus démagogiques et mensongers réside dans le discours qui consiste à dire "on s'en fout de la technique, on est là pour briser les codes   et exprimer toute notre créativité". Encore faut il avoir acquis la palette des moyens pour l'exprimer... Généralement cette démarche aboutit paradoxalement à faire ressortir des clichés récurrents dans le mouvement et à se traduire en bal par une incapacité à co-exister avec les autres.
Sur le plan musical par exemple vouloir à toute force danser systématiquement sur autre chose que les tangos des orchestres de référence  ( un certain nombre de milliers quand meme) traduit assez souvent une difficulté à en tirer la substantifique moelle. Ce n'est pas parce que le son est moderne et la mélodie jolie que le rythme n'est pas plat...
ASSOCIATION CAMINITO TANGO
Rédigé par ASSOCIATION CAMINITO TANGO le Samedi 20 Août 2016 à 11:37
Vendredi 26 Août 2011

PRESENTATION

Basé sur des extraits d'une impro  de travail, et avec une musique rajoutéee, une proposition clippée de Boujama Chemlal

ASSOCIATION CAMINITO TANGO
Rédigé par ASSOCIATION CAMINITO TANGO le Vendredi 26 Août 2011 à 13:28

PRESENTATION

Agitation, propagande et évangélisation tango !
CAMINITO TANGO est une association loi de 1901 regroupant des gens qui, aimant et pratiquant le tango argentin, souhaitent contribuer à la diffusion de sa pratique et sensibiliser notamment à sa musicalité.
Son action s'inscrit essentiellement dans une perspective de coopération avec d'autres associations (participation à la co-production de concerts sur Toulouse, formation à la musicalisation des soirées, conférences "actives" sur les caractéristiques des grands orchestres du tango et réflexion sur la musicalité applicable par les danseurs, soutien ou participation de ses membres à la création de pièces chorégraphiques...).
Mais son action vise aussi à des actions de découverte de la culture du tango et du tango comme culture à part entière. C'est ainsi que l'association a proposé des séances d'initiation et de découverte qui ne se limitaient pas à l'apprentissage de quelques pas, mais qui abordaient un certain nombre de points importants (musique, histoire, styles, etc…).
Nous apportons aussi, sur demande et sur la base d'une convention, un appui aux associations nouvelles, en voie de développement ou implantées loin des grands poles du tango un appui de logistique ou de savoir faire pour appuyer leur démarche.
Idem, nous proposons à échéances aléatoires des séances de « vraies » practicas de travail sur la région toulousaine.
Comme son nom le suggère, Caminito Tango n'a pas pour ambition (in)avouée de devenir la plus grosse asso de tango sur la région toulousaine. Nous sommes  dans la logique d'un « petit chemin » que nous pensons comme convivial.
Nous entretenons des liens privilégiés avec , la escuela Alegro (Marco et Valeria Gonzalez à Vigo, Espagne), Martin Maldonado et Maurizio Ghella (notre principale référence pédagogique), la compagnie Otro Tango (Daniel Darius et Valérie Onnis, Paris), et nous avons mené à bien plusieurs collaborations artistiques ou pédagogiques avec diverses associations basées pour la France  à Limoges, Mazamet, Auch, Arles, Brive, Privas, Dax, Clermont Ferrand, Agen, etc... et pour l'étranger à Vigo, La Coruna, Séville (Espagne) et Montréal (Québec)
Nous avons également assisté la Compagnie de théatre Alter Echos, pour la mise en scène des scènes dansées de la pièce de Benoit Bourbon "Dernier Tango"
Les animateurs pédagogiques et artistiques de l'association sont Marie Pierre Gabis et Eric Schmitt, conseillés par Martin Maldonado et Maurizio Ghella avec qui ils entretiennent un  lien permanent.
Sont aussi  intervenus sur des actions ponctuelles de l'association, les membres suivants:
Gustavo Gomez, Françoise Bachelard, Daniel Darius et Valérie Onnis.


Le bureau de l'association est composé de  Elisabeth Vannier, Marie Pierre Gabis, Eric Schmitt, Dominique Rochedreux, Françoise Barbet.

Assistantes cours (saison 2016-2017): Françoise Barbet, Dominique Rochedreux, Isabelle Morales

 
ASSOCIATION CAMINITO TANGO
Rédigé par ASSOCIATION CAMINITO TANGO le Samedi 2 Avril 2011 à 15:32
Signée en 1996, la charte du tango argentin avait été un peu perdue de vue. Un petit toilettage plus tard, à lheure où le paysage a changé, il était intéressant de réaffirmer quelques principes. C'est pourquoi nous la signons et nous engageons à en respecter la philosophie.


Charte
Les signataires de la présente charte auront à coeur de conserver
et transmettre le patrimoine culturel du tango en mettant
en oeuvre les points suivants :
1. Diffuser une Culture et faire aimer un Art : le Tango
Ils affirment que le tango est indissociable de ses dimensions
artistique, culturelle et sociale et ils reconnaissent que les
échanges entre pays et entre générations permettent au tango
de se développer en combinant tradition et modernité.
Ils affirment que la transmission du tango passe aussi bien par
l’échange, la pratique et le partage des expériences que par un
enseignement libre.
Afin de ne pas perdre leurs repères rioplatense, ils s'engagent
à favoriser les rencontres avec les acteurs du tango de toutes
origines, de tous horizons, reconnus pour leurs qualités ou expériences,
leurs innovations pédagogiques ou leur inventivité.
2. Dispenser un apprentissage ouvert de la danse
Ils reconnaissent que l'apprentissage de cette danse est le fruit
d’un savoir populaire transmis en toute liberté depuis plus
d’un siècle.
Ils restent attentifs à la qualité de l'enseignement. Celui-ci doit
rester ouvert, donner ses lettres de noblesse à l’expérience et
au ressenti, et être mené par des personnes ayant le souci de
transmettre les outils conduisant à l'improvisation.
Ils partagent l'idée que les lieux et les voies d'apprentissage
du tango sont multiples et ils s'engagent de ce fait, à faire
connaître l’existence des différents styles quels que soient les
leurs. Ils conviennent dans ces conditions de multiplier les
lieux de pratiques et de proposer tout mode de transmission
pouvant enrichir cet apprentissage : concert, festival, colloque,
théâtre etc…
Ils s'engagent à ne reconnaître et à ne promouvoir aucune
forme obligatoire de certification, diplôme ou formation.
3. Promouvoir une pratique sociale
Ils favoriseront la convivialité et le respect mutuel en tous
lieux où le tango est à l’honneur, notamment par l'accueil des
nouveaux venus et en évitant toute ségrégation.
Ils veilleront à ce que tous puissent s'épanouir quels que soient
leurs goûts musicaux. Ils s’efforceront de concilier tradition et
modernité afin de maintenir l’esprit universaliste du tango. Ils
s’attacheront à éviter tout clivage, entre autre générationnel.
Ils s'engagent à ne jamais orienter ces pratiques vers la compétition.
4. Organisation solidaire et équitable
Afin de préserver la diversité des initiatives et des pratiques,
ils s’engagent à respecter les formes d’organisation individuelle
ou collective qui laissent une large place à l’autonomie
et à l’échange. En faisant circuler toute information événementielle,
technique ou légale, ils contribuent à la solidarité
au sein de la communauté tanguera.
Les signataires se doivent de rechercher l’application de tarifs
équitables permettant la juste rétribution des intervenants,
le juste prix demandé aux participants et l’équilibre de leurs
budgets.
La présente charte constitue la référence autour de laquelle
peuvent se rassembler tous ceux qui, à quelque titre que ce
soit, artistes, danseurs, organisateurs, s’intéressent à cette
culture.

Lyon, le 11 octobre 2008
ASSOCIATION CAMINITO TANGO
Rédigé par ASSOCIATION CAMINITO TANGO le Jeudi 18 Décembre 2008 à 23:46
Lundi 18 Août 2008

PRESENTATION

 

Le but est de permettre l'acquisition d'une culture musicale du tango par le plus grand nombre de danseurs et de relier les connaissances et analyses sur ces sujets avec leur pratique de la danse.


Les différents éléments envisagés sont :

-l'évolution musicale du tango et des styles de danse qu'il a suscité

-l'éclaircissement sur la structure musicale classique d'un tango


-certains effets musicaux spécifiques


-des exercices simples de musicalité visant à l'acquisition de notions de base (la mesure,  la phrase musicale, concepts de temps forts et faibles, accélération et contretemps, identification de la pulsation, isolation des instruments)


- une réflexion sur les questions d'interprétation musicale : la gestion de la vitesse , la pause ou le calage des fioritures (quand ? comment ? et surtout pourquoi ?) et éventuellement assorti de supports vidéo


D'une manière générale ces ateliers se pratiqueront autant avec les oreilles que sur la piste de danse alternativement ou en même temps. D'où l'expression « écoute active »…


Ceci étant , il n'est pas question de se substituer à des cours classiques de tango. Le but est d'être présent en complément sur des sujets sur lesquels les professeurs n'ont pas le temps de développer en cours pour différentes raisons. Il n'est pas prévu de faire acquérir des figures aux participants mais de les aider à utiliser le vocabulaire qu'ils connaissent déjà et à le gérer en fonction de la musique.


La première séance est généralement consacrée à un balayage général de l'évolution du tango dans ses grandes lignes. (extraits musicaux) , la présentation  de la structure traditionnelle d'un tango le tout entrecoupé quelques exercices simples de musicalité (les plus simples et les plus importants).

Pour la suite,  est envisagé un travail plus fouillé consacré à un musicien ou un des musiciens d'un même style (exemple Canaro Lomuto, ou Di Sarli- Fresedo-Sassonne) avec une analyse plus fine de la structure orchestrale, des arrangements caractéristiques, etc…


La même grille d'exercices de musicalité est utilisée à chaque fois, avec des difficultés rencontrées différentes selon les musiciens.


Un travail d'analyse d'interprétations chorégraphiques du même titre par des danseurs de styles différents pourra être réalisé à partir de supports vidéos.


Et surtout un travail de recherche d'interprétations de séquences musicales sera proposé aux participants. Le but n'est pas de chorégraphier de manière figée mais justement de « chorégraphier » en improvisation sur la base d'une écoute musicale plus aiguisée et plus consciente.

Prochaines sessions: voir planning


pierre Doussot
Rédigé par pierre Doussot le Lundi 18 Août 2008 à 01:36
Lundi 18 Août 2008

PRESENTATION

LA DANSE
   

Le tango n'a pas besoin d'adjectifs. Il n'est pas « milonguero » ou « nuevo » (deux mots tarte à la crème avec peu de fondements, porteurs de simplifications abusives donc inexactes, mais très « marketing »), il n'a pas besoin être défini par croisement avec les arts martiaux, la psychanalyse, les sagesses orientales  ou affublé d'un quelconque qualificatif plus ou moins avantageux.


Il est comme la République : Un et Indivisible... même s'il est, et doit rester, diversité et personnalité.


Le restreindre à une forme ou à un style serait l'appauvrir, car il a vécu et continué à vivre par sa capacité à innover en bousculant les conservatismes formels, mais aussi en gardant en permanence le souci de la qualité d'un dialogue non verbal et d'une connexion. Nous croyons que personne n'est propriétaire d'un « vrai tango » qui serait conforme à une authenticité historique fantasmée (d'ailleurs qui danse aujourd'hui le style orillero, ou le canyengue ? tout le reste s'est construit en rupture par rapport à ça…)


Les débats sur l'authenticité de l'abrazo ouvert ou fermé et leurs avantages respectifs apparaissent de plus en plus désormais comme un non-sens. Il apparaît aujourd'hui qu'il faut savoir de plus en plus passer de l'un à l'autre, et que toutes les nuances intermédiaires sont possibles.


L'apprentissage du tango c'est un débat de chacun avec son corps, son mental et la façon d'échanger avec un partenaire. C'est la recherche (difficile et longue le plus souvent) de la maîtrise des fondamentaux  (marche, poids du corps, mouvement par le centre et l'intention, connexion, posture, musicalité, qualité du pivot, exploration des diverses qualités de mouvement…). Des fondamentaux qu'on n'a jamais fini de travailler ! A tel point que nous croyons volontiers que la figure n'est en réalité qu'un résultant de ces fondamentaux et un prétexte à affiner ceux-ci.


« L'intérêt de maîtriser une technique, c'est qu'elle permet d'exprimer un sentiment » disait Picasso. Et nous sommes bien d'accord avec lui. Le travail technique, par nature imparfait et à améliorer, doit être mis au service de la créativité, du jeu, de l'improvisation.


Et c'est cet état d'esprit auquel nous avons pensé donner un espace au travers des practicas proposées où l'échange et la recherche sont privilégiées.


Mais l'idée incontournable est que le lieu d'expression du tango par excellence, c'est le bal. Et que toute la recherche du danseur y aboutit forcément un moment ou un autre. Tout l'apprentissage du danseur vise et doit aboutir à l'expression de sa personnalité propre au travers de la danse. Un style ne s'enseigne pas, ne se copie pas, il se construit dans le cerveau et le corps de chacun. C'est la prise en compte de cette démarche par le plus grand nombre que nous recherchons.


Pour ce qui est de la transmission du tango, elle est aussi emprunt, échange, inspiration, éclairages et ne peut résulter d'un diplôme, nécessairement sans signification profonde.


Nous faisons notre ce texte très pertinent de Matias Facio (ex enseignant à Tango Brujo à Buenos Aires, et désormais à Berlin):


« Qu'est-ce que le tango et comment il se transmet ?
- C'est une danse, pour laquelle, à partir du premier moment ou l'homme et la femme se prennent dans les bras, il s'agit pour eux de réussir à se rencontrer, non seulement d'un point de vue technique mais à travers le quotidien, l'émotionnel, c'est une danse dans laquelle chacun s'attache à résoudre cette incertitude anxieuse de la rencontre... Cette danse est rendue possible par l'intégration totale par des deux danseurs d'un code d'écoute-proposition-acceptation-confiance. C'est une danse "sociale" (sociétale).

- Cela signifie que n'importe quelle personne, de n'importe quel âge, condition physique ou mentale, peut danser le tango et qu'il n'existe pas une unique, ou deux ou trois uniques forme strictes pour l'enseigner, mais plutôt qu'il y a de nombreux chemins d'acceptation de soi-même qui mènent le danseur vers une maturation de sa relation avec cette danse. Le danseur plus habile ou qui développe le plus de capacités est celui qui a su intégrer les codes d'écoute-proposition-acceptation-confiance déjà mentionnés.

- Cette danse, surgit d'un métissage culturel mondial inégalable, est patrimoine de l'humanité, parce qu'elle reflète toutes les formes de rapprochement du couple au moment de danser. Les femmes et les hommes dansent la façon de se mettre en relation, dansent l'histoire qui est la leur depuis le début de l'humanité.

- Le "professeur" ou "maestro" n'est ni plus ni moins qu'un facilitateur (transmetteur) qui se passionne pour ce travail, pour le plaisir de partager sa petite ou grande connaissance de cette danse. C'est clair pour tous , depuis les plus avancés jusqu'aux moins avancés, qu'il y a toujours à apprendre et que le caractère social de cette danse fait que nul ne sait avec qui il va danser la plupart du temps : cela implique qu'il lui faudra rencontrer sur son chemin beaucoup d'hommes et de femmes à différents niveaux de connaissance : pour cette raison, on ne peut pas parler d'un apprentissage d'une ou peut-être deux techniques, mais de l'accession à un code commun pour communiquer : écoute-proposition-acceptaton-confiance.

La transmission du Tango à Buenos Aires :

- Il n'existe pas officiellement d'Université du Tango qui soit reconnue, non seulement au niveau d'un Ministère, mais au niveau d'un véritable parcours de formation de danseurs.

- La non-officielle Université du Tango, a pour but simplement, d'amener de plus en plus de personnes au tango, certaines ayant des vocations tangueras, en leur procurant un lieu ou elles peuvent développer cet art : chant, musique, danse. Je dois signaler, qu'en tant que "transmetteur" de cette danse, j'ai beaucoup d'élèves qui proviennent de cette université , avec des niveaux très bas, dus au fait que ce n'est pas l'objectif majeur de cette institution que de former des danseurs.

- Il existe aussi une association qui travaille à la transmission des styles de tango des vieux grands danseurs ("milongueros"), partant du principe qu'ils furent les porteurs du tango rioplatense, et qu'ils sont les détenteurs d'une esthétique tanguera d'une valeur inégalable. Les élèves apprennent à danser "à la manière de;" mais n'intègrent pas une connaissance scientifique, puisque cette connaissance-là n'existe pas.

- Quant aux académies de tango, elles échappent à une technique unique, car tous les professeurs enseignent différemment, puisqu'il n'y a pas une seule manière de danser mais qu'il y a autant de façon de danser qu'il y a de danseurs.

- Il est impossible de dire qui peut être professeur ou non, car aussi nombreux que nous sommes et de tous niveaux, nous ne sommes que des passeurs /transmetteurs qui alimentons les danseurs pour qu'ils trouvent un chemin personnel à l'intérieur de leur propre danse.
Nous sommes en même temps tous, élèves d'autres professeurs, et de nous-mêmes, vu que personne ne peut détenir dans sa totalité la connaissance née de l'expérience de milliers de danseurs.

Matias Damián Facio
Bailarín Social de Tango Argentino
Buenos Aires
Argentina

- - - - - - - - - - - - - Version originale - - - - - - - - - - - -

Qué es el Tango Argentino y cómo se transmite?

- Es una danza, en la que desde el primer momento en que el hombre y la mujer se abrazan para bailar, deben tratar de encontrarse, pero no solo desde lo técnico, sino desde lo cotidiano, lo emocional, y en la cuál ninguno de los dos puede dejar de tratar resolver ansiosamente esta incertidumbre: está determinado por la entrega total de los dos bailarines a un código de escucha-propuesta-aceptación-confianza: es un baile 'social'.

- Esto determina que cualquier persona, con cualquier edad, condición física y/o mental, puede bailar esta danza social por lo que no puede decirse que existe una única o dos únicas ni tres únicas formas estrictas en las cuáles enseñarla, sino que hay muchos caminos de aceptación de uno mismo que lo llevan al bailarin a 'crecer' en su relación con esta danza social. El bailarín más hábil es aquel que supo integrar los códigos de escucha-propuesta-aceptación-confianza antes mencionados.

- Este baile folklórico, surgido de una mixtura cultural mundial inigualable, es patrimonio de toda la humanidad porque claramente refleja todas las formas de víncularse de las parejas al momento de bailar. Mujeres y hombres bailan sus vínculos y relaciones, bailan la historia que les pertenece desde los principios de la humanidad.

- El 'profesor' o 'maestro' no es más que un mero colaborador que se entrega a su 'oficio' por el placer de compartir su poco o mucho conocimiento sobre este baile. Es claro para todos ellos, desde los más avezados, hasta los menos, que siempre hay algo por aprender ya que, siendo este baile un baile social, uno nunca sabe con quién ha de bailar la mayoría de las veces: esto implica que deberá encontrarse en su camino con muchos hombre y mujeres con diferentes capacidades y conocimientos en su baile. Es por esto último que no puede hablarse una o quizás dos técnicas, pero si de código comunes para comunicarnos: escucha-propuesta-aceptación-confianza.

De la transmisión del baile del Tango en Buenos Aires:

- No existe oficialmente universidad de tango que sea avalada no solo por el gobierno sino también por su trayectoria como escuela formadora de bailarines.

- La no-oficial Universidad del Tango, procura simplemente incorporar más y más personas a la comunidad tanguera dandoles lugar, a todos aquellos con alguna raíz de vocación tanguera un espacio en la cuál puedan desarrollar, aunque muy muy poco, el canto, el baile y la música. Cabe destacar, que como 'transmisor' de este baile folklórico, tengo muchos alumnos egresados ya que provienen de dicha universidad, con niveles muy bajos, ya que, como mencioné antes, no es el principal objetivo de esta entidad.

- Existe una asociación que trabaja para la transmisión de los estilos de tango de los viejos grandes bailarines por considerarse de un inigualable valor la estética tanguera que conservan los mismos, y por haber sido ellos los portadores de tan lindo baile folklórico propio del Rio de la Plata. Los alumnos aprenden a bailar a la 'manera' de ellos, pero no incorporan un conocimiento científico ya que no existe dicho conocimiento.

- Las academias de baile en Buenos Aires carecen de una técnica única, todos los profesores enseñan diferente al no existir una única manera de bailar sino una única manera propia de cada bailarín.

- Es imposible decir quién puede ser profesor o no, más bien todos y de todos los niveles, somos meros transmisores y colaboradores que con ello alentamos a los bailarines para que encuentren de manera clara un camino dentro de su propio y único baile. A la vez, somos nosotros todos, alumnos de otros y de nosotros mismos, ya que nadie a podido jamás abarcar en su totalidad el conocimiento nacido de la experiencia de miles de bailarines, pues no podemos olvidar, que nuestro baile es un baile 'Social' surgido de un conflicto social desde el primer momento en que un hombre pregunta a una mujer para bailar algunas piezas.

Matias Damián Facio
Bailarín Social de Tango Argentino
Buenos Aires
Argentina










pierre Doussot
Rédigé par pierre Doussot le Lundi 18 Août 2008 à 01:36
Lundi 18 Août 2008

PRESENTATION

Le tango n'est pas qu'une danse. Il a pris sa source dans une réalité sociale et culturelle, dont on ne peut le détacher, et c'est parce cette réalité existe toujours ou qu'elle a un caractère d'universalité qu'il est toujours vivant aujourd'hui. La question du rapport homme femme qu'il véhicule, mais aussi son existence essentiellement comme danse de bal en font une danse sociale par excellence.



De ce fait, il a quelque chose à voir avec des pratiques sociales et culturelles. Les codes du bal, l'organisation d'une milonga, en sont un exemple. L'évolution de sa musique et de sa danse est en phase avec ce qui se passe dans la société et  la culture au sens large (mais notamment la musique). Et on ne peut pas dissocier la danse de ces aspects. Y compris et surtout si on prétend se placer dans une transgression ou une évolution de certains cadres, éradiquer des clichés, on se doit de maîtriser les tenants et les aboutissants de la culture tango existante à un moment T.



Ceci ne signifie évidemment pas sacrifier  à des codes comportementaux, sociaux, vestimentaires, musicaux, voire kinétiques formels, pour le plaisir d'un conformisme  d'embaumement que nous considérerions comme mortifère. Le tango, ce n'est pas un grand musée poussiéreux, c'est la vie, et la vie aujourd'hui, pas il y a 50 ans. Et comme tel il comporte sa part de vie et de mort, de désuétude et de provocation, de permanence et de renouvellement. Pour savoir où on va, il est indispensable de savoir d'où on vient. Nous entendons être attentifs à ces éléments et participer à la diffusion de la culture tango dans ses différentes composantes auprès du plus grand nombre.

C'est notamment pour cela que les séances d'initiation que nous proposons ne peuvent se limiter à montrer quelques pas mais incluent nécessairement une présentation historique du tango à travers ses styles (musique ou danse), illustrée notamment "en vivo", les principes de fonctionnement d'un bal tango, des anecdotes... 



Une volonté de faire percevoir le tango comme une universalité, une diversité et une évolutivité.

pierre Doussot
Rédigé par pierre Doussot le Lundi 18 Août 2008 à 01:35
Dimanche 17 Août 2008

PRESENTATION

PRACTICA
Une practica n'est pas une milonga bis! Et ce n'est pas un cours non plus…

C'est juste un lieu où dans une ambiance informelle les danseurs peuvent mettre en pratique ce qu'ils ont vu en cours, affinent le mouvement tout en se mettant dans une dynamique collective proche de celle du bal. Et bien entendu ça peut (doit) être un lieu d'échange entre les participants.

Nos practicas évoluent sur deux pôles :
BASICA
Dans l'ancien temps, celui qui ne maîtrisait pas le tango, avec aisance ne pouvait pas danser en milonga. Pour y accéder, il lui fallait travailler dur, et donc, la practica lui servait de préparation…
L'idée est donc d'ouvrir un lieu où les danseurs peuvent pratiquer dans cet esprit, échanger entre eux sur leurs difficultés, voire solliciter un avis des responsables de la practica. Destiné principalement aux débutants (moins de deux ans de tango), l'orientation générale est de mettre l'accent sur la gestion de l'espace (sens du bal, adaptation du mouvement à la place disponible, entre autres) et la recherche d'une connexion du mouvement à la musique. Ceci étant, ces éléments là devraient être les préoccupations essentielles de ceux qui ne débutent pas…

La programmation musicale, essentiellement classique sera donc adaptée à ces préoccupations (pas de musiques trop complexes) ou à la demande des danseurs. Un moment idéal pour ceux qui n'ont pas encore osé venir aux milongas, un bon moyen de rencontrer les débutants des autres écoles et de s'échanger des conseils. Les responsables de la practica interviendront le cas échéant auprès des danseurs pour les rappeler à ces objectifs de base ou leur proposer éventuellement une solution. Les échanges entre les participants sont largement encouragés.

BUSQUEDA
Cette deuxième phase est axée sur la recherche (musicalité plus complexe, échange de rôles…). La programmation musicale y est donc plus aventureuse. (à titre indicatif, 50% d'électro, d'alternatif, ou de tangos sophistiqués, 50% de classiques). Les participants peuvent proposer des musiques qu'ils auraient découvertes. Elle peut porter sur une recherche libre de chacun ou s'articuler sur un thème de recherche pour ceux qui le veulent, finalisé par des échanges de solutions. Le cahier des charges de base (gestion de l'espace et musicalité) reste en tout état de cause valable.
ASSOCIATION CAMINITO TANGO
Rédigé par ASSOCIATION CAMINITO TANGO le Dimanche 17 Août 2008 à 14:33

PRESENTATION

CAMINITO TANGO ET LA MUSIQUE DU TANGO


LA MUSIQUE DU TANGO ET SON INTERPRETATION
Nous ne croyons pas que la pratique du tango puisse être déconnectée de la connaissance de sa musique sans être affectée par les insuffisances et la stagnation.

Ca ne veut pas dire qu'il faille transformer systématiquement les danseurs en musicologues érudits. Mais il nous semble indispensable que quiconque veut s'imprégner de l'esprit du tango puisse au minimum être capable d'identifier les caractéristiques des orchestres principaux, ne serait ce que pour pouvoir adapter sa danse à la musique sur laquelle il évolue.

Il a besoin  également d'être capable d'identifier quelques éléments de base de la musique, telle que la pulsation de base, les temps faibles et forts (dans le marcato en 2), l'isolation des instruments, la possibilité de faire des pauses… et de jouer avec tous ces éléments là (entre autres)!

Un travail où chacun doit pouvoir faire preuve d'humilité pour pouvoir se remettre en question et donc progresser dans l'interprétation. Il est très difficile pour la plupart des enseignants-transmetteurs- passeurs de tango, de développer ces éléments dans leurs cours, tant ils sont soumis à une pression de la part des élèves sur l'apprentissage des figures et que la nécessité d'imposer un minimum de travail sur la posture et la connexion, leur laisse très peu de possibilité de mettre l'accent. Nous croyons qu'il est pourtant indispensable de pouvoir développer ces notions là auprès des danseurs … et des autres.

Si Di Sarli, Pugliese, Canaro et Piazzolla font tous du tango, ils ne font pas le même tango. Enchaîner les mêmes figures sur des musiques porteuses d'énergies différentes est un non sens si on ne veut pas prendre en compte cette diversité et proposer une interprétation en conscience.


Idem, musicaliser une milonga, un bal, une pratique ne peut dans notre esprit se résumer à passer des disques à la suite. Il y a une notion de gestion des rythmes (quand dynamiser le bal, quand est il nécessaire de calmer le jeu, quand changer d'énergies, quelle coloration donner ? etc..) à posséder.

De nos jours, le public est de plus en plus sensible à la qualité de la musicalisation et donc exigeant. Il nous semble utile de participer à la démultiplication d'une offre allant qualitativement en ce sens. C'est pourquoi un de nos objectifs est de participer en fonction de nos moyens mais avec toute notre volonté à cette offre, soit directement, par la participation de certains de nos adhérents à la musicalisation des soirées, soit indirectement en délivrant les éléments de problématiques de la musicalisation aux personnes intéressées afin qu'elle puissent à leur tour y participer.

Caminito tango inscrit donc son action en direction de cet objectif de sensibilisation à la musique.

La musique tango ne se limite pas dans le temps ni dans la forme
. Aussi nous ne sommes pas de ceux qui considèrent que la seule musique tango valable a été créée avant Piazzolla. Nous considérons même que la musique de ce dernier ne constitue ni un nec plus ultra, ni un horizon indépassable et que d'autres formes plus récentes telles que l'électro tango, malgré plusieurs avatars inexploitables, en fait partie. De même nous estimons qu'il est acceptable de considérer que quelques créations musicales participent d'une pulsation tango, même si elles n'en ont pas la forme stricte et peuvent se prêter à la danse tango. Un des objectifs de l'association est de rester ouvert sur ces possibilités musicales dites alternatives.

A l'inverse, nous estimons que la recherche de modernité n'est pas une fin en soi et que ce n'est pas parce que la musique sort des canons classiques qu'elle est nécessairement bonne ou adaptée. La branchitude n'est pas un étendard, mais un handicap. Au contraire nous estimons que la transgression n'a le droit d'exister que parce que l'objet de la transgression est connu et maîtrisé. La question du lien et de l'ancrage entre tradition et modernité est donc une préoccupation permanente.
ASSOCIATION CAMINITO TANGO
Rédigé par ASSOCIATION CAMINITO TANGO le Dimanche 17 Août 2008 à 13:40

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