RASCASUELOS (gratte sol) y RASCACIELOS (gratte ciel)


Rédigé le Mardi 2 Septembre 2014 | Lu 2822 fois



Après SILBANDO, ROULOTTE TANGO et LA TRIPTICA (cf Toutango n°s 34, 35, 36), EL CACHIVACHE et le DUO PEREGRINATION (cf Toutango "en ligne"), c'est Christian BASTO (le contrebassiste)de RASCASUELOS et RASCACIELOS, qui s'est chargé de parler au nom de tous. Nous avions déjà discuté de tout et de rien avec Patricio TRIPA BONFIGLIO (le bandonéoniste et directeur de l'orchestre) à la sortie de leur concert au théâtre de la nouveauté à TARBES, et entre autre, ils étaient enchantés à l'idée d'échanger autour d'une interview ainsi que de trouver une opportunité différente de parler d'eux en Europe.

J'ai senti et découvert des musiciens qui aimaient le public, jusqu'à passer de longs moments à parler avec nous tous, même après un concert endiablé de RASCASUELOS... (moment ou d'autres se seraient retranchés dans les coulisses ou dans des coins de rue, à part sans s'intéresser à ceux qui venaient de les écouter).
Endiablé, c'est vraiment le mot, car malgré leur succès après avoir mis la salle KO, beaucoup ont qualifié leur musique de « sombre » voire très sombre, mais bon.... le ressenti appartient à chacun, qui de plus, si on veut resté objectif, est bien souvent temporel et contextuel.
Mais n'en restons pas là, ils ont leur alter égo « RASCACIELOS »pour faire danser les gens en milonga ; et là, « y'a pas photo », ils nous tiennent au corps ! La preuve en a été sur la piste de la halle Marcadieu le jeudi soir.



              DEUX NOMS, DEUX ORCHESTRES

1 . Construction de/des orchestres :

 
Comment l'envie est-elle née ? Les points communs entre musiciens qui vous ont rassemblé ?

 Patricio TRIPA BONFIGLIO et moi, Christian BASTO, sommes amis depuis plus de 10 ans. Suite à divers projets, conjointement ou séparément ,et comme nous avons beaucoup de points en communs dans les goûts musicaux, nous avons décidé de commencer à s'attaquer à RASCASUELOS et évoluer avec 4 autres musiciens et 1 chanteur : Fulvio Giraudo (piano), Nicolas Tabbush (1er Violon), Marino Malamud (Viola), Karmen Rencsar (Cello), Limon Garcia (Voz).
En ce qui concerne la tipica RASCACIELOS, formation plus complète, les autres musiciens peuvent être :  Pedro Kiszkumo (2ème Bando), Fédérico Biraben (3ème Bando), Juan Bringa (2ème Violon) et autres invités.

Les embûches, les difficultés du début ?
Quand débute un nouveau chemin, il existe toujours des difficultés, mais par chance, « on a enfoncé les clous » dans les choix que nous avons fait. On doit ces réussites au fait d'avoir su garder une idée claire de ce vers quoi nous voulions aller avec ce projet. Par cela et par le profil de la musique à laquelle nous allions nous affronter, le choix des musiciens était déjà presque décidé.

Les rencontres les plus pertinentes qui ont stimulé le démarrage ?
Sans aucun doute, nos référents sont les grands orchestres des années 40 et 50, Troilo, Pugliese, Salgan, et ensuite Astor Piazzolla. Cependant, nous sommes une génération qui a évolué en écoutant le rock, et surtout le rock argentin, qui, dans les années 60,70 à pris l'empreinte et la poésie que le tango avait laissée. Le rock national est sorti pour couvrir cet espace de révolte et de dénonciation sociale authentique, dont la jeunesse a besoin comme moyen d'expression. Mais aussi,Rascasuelos à des influences de musique académique du XXème siècle, des influences des musiques du monde,  du rock anglais et du folklore latino-américain. Par les temps qui courent et avec la vitesse de circulation de l'information , on ne peut pas être étranger à tous les courants musicaux du monde.

 
2 . Choix et motivations :
 
Comment choisissez vous les morceaux (critères de choix) ?
Les compositions sont totalement originales, soit composées par RASCASUELOS, soit par des auteurs contemporains que nous admirons.
Pour les spectacles, on tâche de jouer les morceaux que l'on retrouve sur les deux Cds de RASCASUELOS, et d'équilibrer en terme de nombre de thèmes chantés et instrumentaux, afin de mener à bien le concert.

Quelles ont été les motivations principales pour musicaliser des soirées dansantes (au lieu de se consacrer uniquement à la musique « qui s'écoute » ?
En général,  avec RASCASUELOS, nous ne jouons pas dans les milongas de Buenos Aires, nous gérons nos propres concerts dans d'autres types de salles.
Pour les milongas nous nous adaptons sous la forme d'orchestre typique. En effet RASCACIELOS  est comme l'alter ego de RASCASUELOS à qui nous rajoutons 5 musiciens  en plus de ses 7 membres, et c'est avec cette formation que nous jouons dans les milongas des reproductions de thèmes classiques des grands orchestres de années 40 et 50.
 



3 . Plaisir et contraintes :

Le plaisir de nous réunir fait qu'il n'y a pas de limites, notre idéal est vaste, et le désir de travailler est fort.

Quelles satisfactions retirez vous de vos premières expériences ?
Toutes les nouvelles musiques sont toujours très remarquées et observées, ce n'est pas facile de se faire accepter. Par chance, nous avons pu faire 3 tournées en Europe et 2 CD's qui confirment qu'il y a un chemin intéressant à prendre. Dès les premières expériences avec RASCASUELOS, nous savions que ça allait être difficile, mais nous en sommes là !

Quelles difficultés rencontrez vous pour fonctionner (à ce propos, l'Argentine et l'Europe sera différencié) ?
En Argentine, il y a une carence d'espaces pour jouer. Il n'y a pas non plus de réelle collaboration et de projets sérieux de la part de l'Etat qui impulse ce type d'initiative.

Quels moyens utilisez vous pour vous faire connaître ?
Nous avons une page web : www.rascasuelos.com.ar , nous utilisons beaucoup facebook pour faire la promotion de nos spectacles, tweeter, etc...

 



 4 . Le passé - Le présent – Le futur :

Le passé : ça a été la consolidation du groupe et d'un son propre
Le présent : Nous présentons les CD's en Argentine.
Le futur : Nous sommes en train de créer une œuvre avec de la danse, du théâtre et des projections, le tout avec la musique de RASCASUELOS.

Qu'avez vous envie de défendre ?
Nous continuons en développant « la musique de la ville de Buenos Aires », tant dans sa poésie qu'au niveau instrumental. Mais, ce serait extrêmement prétentieux si nous nous arrêtions de penser à la qualité des artistes qui ont initié et investi le tango, citons : Cadicamo, Homero Manzi, Anibal Troilo, Osvaldo Pugliese, Carlos Gardel!! Piazzolla, Les frères Expósito Enrique santos discepolo... Enfin, ils sont des centaines ! Nous venons simplement parler d'un aujourd'hui, raconter ce que nous sentons, notre train de vie quotidien, et du rythme de Buenos Aires dans nos années  2000.

Votre meilleur et votre plus mauvais souvenir ?
Il n'y a de rien de plus gratifiant pour un musicien que de jouer avec les amis, partager une scène de cette manière te comble et t'enlève tout doute d'avoir choisit cette profession. Chaque voyage que nous entreprenons, chaque nouvelle ville que nous découvrons est une aventure et nous remplit de bonheur. Le plus récent et heureux, est celui de Tarbes. Après avoir joués, nous sommes arrivés dans le Hall du théâtre et nous n'en revenions pas quant à l'accueil des gens, c'était quelque chose d'incroyable qui nous a beaucoup surpris  parce qu'une telle chose ne nous était encore jamais arrivée.

Comment vous faites pour garder une mémoire tout en créant de la nouveauté et évoluer votre musique ?
Notre son est à la fois tanguero et urbain, nous vivons dans la ville de Buenos Aires et marchons dans ses rues. Notre musique à le rythme de cette grande ville et tout ce que nous faisons est imprégné d'elle. Chaque innovation sort de la main d'un travail constant de recherche de groupe.
Le tango est né ici et ici continu son développement.

Vos trois orchestres préférés de tangos et vos trois orchestres préférés autres styles ?
Pour le tango, nos préférences vont vers Pugliese, Troilo et Piazzola,
et pour les autres styles, on écoute beaucoup de musique latinoaméricaine, du rock national, Anglais et de la musique d'Europe du 20 ème siècle.

Lien du site : www.rascasuelos.com.ar

NDLR :Des chroniques de CD's sont à venir

                                                                                                                         Propos recueillis par Marie-Pierre GABIS




 




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