PHILIPPE MAHLER et Le DUO PEREGRINATION


Rédigé le Mardi 26 Novembre 2013 | Lu 3035 fois


Après SILBANDO, ROULOTTE TANGO et LA TRIPTICA (cf Toutango n°s 34, 35, 36) et EL CACHIVACHE (cf Toutango "en ligne"), ce mois-ci, c'est un petit orchestre à plusieurs facettes que je vous présente !
Créé par Philippe MAHLER, celui-ci se prête au « jeu des questions » ...
Découvert seulement l'été dernier, le hasard nous l'a fait rencontrer, et à lui seul, il a fait danser une salle comble de tangueros à l'unique son de sa guitare !
Voyons ensemble comment ses années d'expérience dans la musique rioplatence l'ont emmené à varier son répertoire et évoluer entre autre vers une « musique qui se danse ».


 

 

1 . Construction de l'orchestre :

 

  • Comment l'envie est-elle née (son origine) ?

 

J’ai découvert la musique argentine à l’âge de 12 ans au moment de la grande vogue de la musique de la Cordillère des Andes. Comme beaucoup de jeunes français, j’étais adepte de la kena et de la zampoña, flûtes incontournables du folklore andin.

 

  • Les embûches, les difficultés du début ?

 

La principale difficulté du projet fût de trouver les partitions , car même avant la crise économique qui secoua l’Argentine en 2001, il était difficile de trouver des partitions de musique traditionnelle et folklorique. Il a fallu souvent faire des arrangements personnels après de nombreuses écoutes des morceaux choisis.

 

  • Les rencontres les plus pertinentes qui ont stimulé le démarrage ?

C’est à l’occasion d’une émission au studio 104 de l’ORTF, en 1971, que je découvre le poète et guitariste Atahualpa Yupanqui qui fût l’initiateur de ma passion pour la guitare. Dés lors, ma vie artistique se partage entre l’apprentissage de l’instrument et les voyages en Amérique du Sud.

 

En 1998, je rencontre Hector Gomez, percussionniste argentin de Raul Barboza, Sapho, Barbara Luna, avec lequel je fondais le DUO PEREGRINATION dont le répertoire était essentiellement consacré à la musique traditionnelle de la pampa et de la cordillère des andes, à travers les œuvres de compositeurs argentins tels que Atahualpa Yupanqui, Ariel Ramirez, Eduardo Falù, Abel Fleury…

 

En 2003, un album a été enregistré « el tren a las nubes » et distribué par Ness Music.

Le développement des cours, bals et spectacles de tango depuis une quinzaine d’années m’a conduit à monter un répertoire de musique porteña. C’est ainsi que le DUO PEREGRINATION s’agrandit avec la participation d’un contrebassiste (actuellement Lucas Frontini). Ce répertoire est essentiellement constitué de tangos, valses et milongas de la première partie du vingtième siècle, à la fois de compositeurs célèbres, Fresedo, Anibal Troilo, Lucio Demare, Rosita Melo, mais aussi moins connus, Abel Fleury, Miguel Abloniz, Rodrigo Riera.

 

 

  • Les points communs entre musiciens qui vous ont rassemblé ?

 

Hector Gomez et moi-même avions le même désir d'exprimer nos émotions et notre sensibilité à travers d'une musique authentique, musique de la terre et de la tradition séculaire, issue des mélanges culturels et ethniques.

 

Il en est de même avec Lucas Frontini pour la musique portena, le tango, musique populaire et vivante chargée d'histoire et d'atmosphère de Buenos-Aires.

2 . Choix et motivations :

 

  • Comment choisissez vous les morceaux (critères de choix) ?

 

Les morceaux de notre répertoire du nord-ouest argentin sont choisis parmi la diversité des rythmes et des danses de la pampa et de la cordillère des Andes, et sont tous des oeuvres de compositeurs argentins qui, par leur technique guitaristique, ont sublimé la musique traditionnelle.

 

  • Quelles ont été les motivations principales pour musicaliser des soirées dansantes (au lieu de se consacrer uniquement à la musique « qui s'écoute » ?

 

L’idée d’animer les milongas en France vient du fait que le tango est un courant populaire et le concept de concert doit s’étendre à « la scène publique » ; le tango peut être joué dans les salles conventionnelles tout comme dans la rue, à la faveur d’animations dans le cadre de festivals ou de milongas illégales !!

 

Ainsi, le DUO PEREGRINATION anime régulièrement des milongas à Paris et en région parisienne. Si l’écoute du public est différente par rapport à un concert, cette écoute de la part des danseurs n’en reste pas moins exigeante car une grande partie des tangueros et tangueras sont mélomanes et choisissent leur lieu de danse en fonction de la programmation musicale et du DJ. Notre répertoire et notre jeu, en tant que musiciens, doit donc s’adapter à ces exigences.
 

3 . Plaisir et contraintes :
 

  • Quelles satisfactions retirez vous de vos premières expériences ?

Lors de mes différents séjours à Buenos-Aires, j’ai eu l’occasion de jouer dans des lieux mythiques du tango (El Morocho del Arrabal dans le quartier Abasto). En 2010, la Radio Nacional me consacrait une heure d’interview dans le cadre de l’émission « de Segovia à Yupanqui » durant laquelle je jouais des œuvres du célèbre Don Atahualpa Yupanqui et où je parlais du rayonnement de la musique argentine en France.
 

  • Quelles difficultés rencontrez vous pour fonctionner (à ce propos, l'Argentine et l'Europe sera différencié) ?

Il ne m'a pas été possible d'animer une milonga à Buenos Aires, Par contre, en France, il est beaucoup plus simple de jouer dans les milongas en duos, voire seul.

Paradoxalement, il a été très difficile de trouver des soutiens médiatiques (radios, journaux) lors de la sortie de l'album « El tren a las nubes »
 

  • Quels moyens utilisez vous pour vous faire connaître ?

La sortie de notre prochain album, les animations régulières dans les milongas, et les concerts dans les centres culturels sont nos principaux moyens de communiquer et de nous faire connaître.


4 . Le passé - Le présent – Le futur :

 

  • Qu'avez vous envie de défendre ?

 

Notre vocation étant de faire découvrir ou redécouvrir des auteurs et compositeurs argentins restés dans l’ombre des modes successives, un prochain album est en préparation ; comme le premier CD, notre voyage musical partira des Haut-Plateaux de la frontière argentino-bolivienne, traversera la pampa pour finir dans les quartiers du tango de Buenos-Aires.

 

  • Votre meilleur et votre plus mauvais souvenir (un « clin d'oeil ») ?

En 18 années de musique argentine, mon meilleur souvenir est un concert à Saint-Chéron, en Essonne, où le public n’en finissait pas de nous demander en rappel. Le concert dura 2 heures.

 

Mon plus mauvais souvenir fût un concert à Pierrelaye, dans le Val d'Oise. Il y avait 18 personnes à proximité de la scène dans une salle quasi vide. En pleine milonga pampeana, une spectatrice dit à sa voisine : « Mon Dieu, c’que c’est triste cet’ musique ». Bonjour l’ambiance !

 

  • Comment voyez vous l'avenir musical (comment voulez vous faire évoluer votre musique) ?

 

Une fois le nouvel album enregistré, l’objectif est d’inscrire au répertoire des compositions originales s’inspirant du folklore et du tango ; éventuellement avec des paroles, ce qui introduirait le chant dans le DUO PEREGRINATION, et d’avoir un répertoire adaptable aux concerts et aux bals.

 

5 . Conclusion :

      • A quelle question vous auriez aimé répondre qui ne vous a pas été posée ?

Le DUO PEREGRINATION peut ainsi présenter un spectacle sur toute l’Argentine, la musique traditionnelle et folklorique, et la musique de Buenos-Aires, spectacle enrichi de chorégraphies sur des chacareras, zambas, milongas et tangos par des danseurs professionnels.

  • Vos trois orchestres préférés de tangos et vos trois orchestres préférés autres styles ?

     

    Mes orchestres préférés de tango :

    L’orchestre de Osvaldo Pugliese

    Color tango

    Roulotte tango (en France)

    Mes orchestres préférés « tout court » :

    Los Fronterizos et les chœurs de la basilique de Socorro dans l’interprétation de la Misa Criolla de Ariel Ramirez

    Les Pink Floyd

    Les symphonies de Gustave Mahler interprétées par Bernard Haitink

     

    Lien à notre site : http://duoperegrination.musiblog.fr/

     

                                                                                                 Marie-Pierre GABIS

 




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