Les enjeux de la complexité du tango (2)


Rédigé le Lundi 29 Septembre 2008 | Lu 1772 fois



Les enjeux de la complexité du tango (2)
La danse vue comme un système de relations
De façon standard, la modélisation commence par déterminer quelles ressources sont mises en oeuvre pour danser, dans quel ordre et avec quels effets.
Les principales ressources personnelles impliquées dans la danse sont le corps, la capacité de sensations, l’intelligence, la capacité d’émotion et l’inconscient. La danse produite par le danseur est à la fois un mouvement et une expression.
De façon plus précise :
le corps est ici un squelette et des muscles, il a ses limites comme par exemple ses articulations qui ne se plient pas dans tous les sens ou le fait qu’il ne se déplace pas instantanément,
les sensations regroupent ici les informations sensorielles qui renseignent le danseur sur le mouvement qu’il effectue,
l’intelligence désigne ici la capacité de s’intégrer dans / agir sur son environnement 1,
l’émotion représente ici l’ensemble des « impressions » que ressent le danseur compte tenu du contexte où il se trouve (musique, environnement etc..) et des sensations qu’il reçoit du fait de ses mouvements. Dans ce contexte, l’émotion n’est pas prise dans son sens restreint d’émotivité et la capacité à l’émotion n’est pas réduite à une quelconque forme de sensiblerie,
l’inconscient intervient dans tous les mécanismes d’expression, il est également impliqué dans l’écoute, où il jouerait le rôle de filtre ou au contraire provoquerait une hypersensibilité. Cette fonction n’est pas explicitement prise en compte ici.
Pour décrire comment les ressources de la personne sont sollicitées pour danser, le modèle utilise la notion d’étapes représentées par des flèches dans le schéma Figure 1: chaque flèche indique une relation de cause à effet ou une propagation d’information entre son origine et son extrémité.

Figure 1 : système de relations activées dans la danse

Les enjeux de la complexité du tango (2)
La première partie du processus décrit l’obtention d’un mouvement par un(e) danseur(se), comme de nombreux auteurs l’ont déjà fait (danseurs, philosophes, psychanalystes etc.. voir la bibliographie de la réf. 1 ) :
la personne perçoit son environnement extérieur par sa capacité de sensations et son intelligence, ce qui provoque chez elle une émotion via le mécanisme de l’écoute
la personne cherche à exprimer son émotion
l’expression choisie par la personne définit le mouvement du corps
La seconde partie du processus décrit la perception de la danse par le(la) danseur(se):
le mouvement du corps provoque des sensations chez la personne
les sensations du mouvement s’ajoutent aux sensations extérieures et participent à la formation d’une émotion, via le mécanisme de l’écoute
A ce stade, le processus s’est bouclé sur lui-même : la nouvelle émotion va être traduite par une nouvelle expression, qui va provoquer un nouveau mouvement etc...


La danse vue comme un ajustement permanent
En suivant pas à pas les étapes ci-dessus, on constate que l’émotion, l’expression, les mouvements et les sensations sont modifiés au cours du temps, d’une part parce que l’environnement extérieur (la musique, le bal) change, d’autre part, du fait de la danse elle-même par la réinjection des sensations dans l’écoute.
Cette structure s’appelle une boucle de contrôle (Figure 2) : à partir de n’importe lequel des points « émotion, expression, mouvements, sensations », une flèche permet de passer au suivant et de point en point, on se retrouve au point d’origine, autrement dit chaque point dépend des autres et à l’inverse, il peut tous les influencer. Dans le cas idéal, on est en mesure de contrôler l’ensemble en agissant sur un seul de ces points.

Figure 2 : boucle de contrôle de la danse : l’importance du ressenti




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