Les enjeux de la complexité du tango (2)


Rédigé le Lundi 29 Septembre 2008 à 17:29 | Lu 1666 fois | 0 commentaire(s)


Dans les conditions actuelles d’enseignement, l’apprentissage du tango est long, de 5 à 10 ans, quel que soit le niveau de danse souhaité. Cette durée est généralement imputée à la complexité du tango sans plus d’explication, tant l’expérience de chacun d’entre nous confirme cette affirmation.
Cet article a pour objectif d’approcher la complexité du tango avec les méthodes et outils adéquats et propose pour cela une modélisation de la danse qui étend la présentation classique de la danse comme moyen d’expression. Appliquée au tango, cette modélisation conduit à le considérer comme un « dialogue sensoriel » avec des conséquences immédiates sur l’apprentissage, et quelques totems du tango.


Les enjeux de la complexité du tango (2)
Benoît de Gentile, 1er septembre 2008
Les bases du tango sont simples : c’est une marche à deux en musique. On peut douter de cette affirmation quand on voit la diversité des couples dans un bal ou la richesse des prestations sur une scène. C’est la définition exacte de la complexité que d’obtenir autant de solutions différentes à partir d’aussi peu de conditions de base. Dans le cas du tango, on  retrouve la nature complexe de la danse en général à laquelle s’ajoute une caractéristique propre au tango : la liberté infinie.
La complexité de la danse a pour origine le très grand nombre de muscles à contrôler pour effectuer le moindre mouvement. L’expérience montre que les difficultés des apprentis danseurs de tango sans formation préalable de danse classique ou contemporaine, sont d’abord liées à la pratique de la danse en général, notamment par le défaut de contrôle de son corps.
La raison majeure de la complexité du tango est la totale absence de prédétermination : le tango n’impose ni mouvements ni séquences automatiques, ni de suivre la vitesse de la musique, ni de marquer chaque temps etc... Cette liberté est totale à condition de respecter les fondamentaux et le fait que le tango argentin se danse en bal.

Modéliser pour décrire la complexité     Pour respecter l’absence de prédétermination et comprendre néanmoins par quels mécanismes un danseur obtient la meilleure danse possible, il est possible d’utiliser une technique spécifique : la modélisation. La modélisation vise à donner une image simple d’un objet compliqué afin de mieux l’appréhender. Avec les mots de tous les jours, modéliser revient à dire « tout se passe comme si… ». Par nature, cette approche réduit le champ de l’affectif de manière assez forte mais elle ne le supprime pas : la danse et le tango restent des activités artistiques et ne peuvent pas être réduites à de simples jeux de réactions déterministes, aussi complexes soient-ils.





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