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Rédigé le Lundi 22 Décembre 2008 | Lu 306 fois



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LE TANGO DU DISPARU
Annie Goetzinger & Pierre Christin

Elle dessine, il scénarise.
Ce tango du disparu a fait son apparition suite à un voyage à Buenos Aires, en 1986, où les deux auteurs se sont imprégnés de Buenos Aires et de son histoire. Avec pour personnage central, un certain Enrique Pracánico, bandonéoniste, ils nous entraînent dans des ambiances nocturnes argentines aux traits précis - crayon gris - tous les gris. Le tango du temps d’avant puis des enlèvements dans les Ford Falcón de la dictature, le tango du double A puis de la Triple A. Tout y est, personnages, quartiers, histoire(s). L’histoire n’a pas vieilli même si on y parle encore d’austral et non pas encore de peso. Agréable et très bien documenté.
Roman graphique réédité aux éditions Métailié (paru en 1988 chez Flammarion) • 160 pages • 18 € • ISBN : 978-2-86424-668-8 • Hors Collection • 9 octobre 2008

• La très digne revue de poésie Triages, à parution aléatoire mais néanmoins annuelle, fait la place à 16 pages consacrées au poète et historien du tango Horacio Ferrer, grâce à Denise-Anne Clavilier qui a traduit 11 de ses textes, réputés pour la difficulté de sa poésie, et donc de sa traduction. Coup de chapeau !
150 pages • 23 € • Editions Tarabuste- Rue du Fort – 36170 Saint Benoït-du-Saut

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• La nouvelle revue Argentine a sorti son 1er numéro en septembre 2008. Cette revue trimestrielle se veut une démarche intellectuelle et scientifique qui réunit des chercheurs français et argentins, spécialistes de la société argentine. Viscéralement pluridisciplinaire, elle recueille des articles universitaires et scientifiques sur la société argentine dans le domaine des sciences humaines et sociales. Elle parie sur le double support numérique et imprimé. “L’épopée de l’immigration, axe majeur de la construction nationale argentine, y est évoquée à diverses reprises et sous des éclairages variés“. Dans ce premier numéro, vous pourrez découvrir le passionnant récit des antécédents à cette revue, les péripéties de la vie industrielle, la crise d’identité qui affecte la corporation militaire mais aussi un article sur la communauté argentine en France. Le style graphique et le logo perpétuent la tradition de La Revue Argentine éditée à Paris entre 1934 et 1939. Et ainsi j’appris qu’on roulait à gauche en Argentine avant 1945. Entre mille autres informations passionnantes. Longue vie !
Le n° 2 est sorti en décembre 2008.
12 € + 2 € de frais de port
Revue éditée par l’Observatoire de l’Argentine Contemporaine, avec le concours du Centre des Ressources Informatiques de l’Université de Paris X, du Conseil National des Recherches Scientifiques de la République Argentine, CONICET, et du Centre Franco-Argentin des Hautes Etudes de l’Université de Buenos Aires.
www.lanouvellerevueargentine.com
Solange Bazely

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MYSTERIQUE DU TANGO
Sylvie et Remi Boyer

Epatante découverte que ce petit bouquin joliment présenté. Il nous parle, devinez de quoi ? De Tango.
En français et avec traduction en castillan.
Plus un entretien avec Oscar Muñoz Alarcon, qui enseigne le tango dans la Nièvre.
En huit chapitres, beaucoup de choses sont abordées, quelques fois mettant des mots sur ce qui relève du domaine de l’intime, quelques fois mettant en lumière un point historique (le tango en Finlande, les deux groupes d’auteurs des années 20, celui de Raoul Gonzalez Tuñón et celui de Borges, le candombé, la danse entre hommes…).
Mais les sujets importent moins que la façon dont on en parle. Et de ce point de vue, c’est une très belle écriture qui sert le sujet et l’expression de la sensibilité de ses auteurs. On est sans doute plus dans l’écriture poétique que dans l’écriture analytique, mais c’est séduisant. Après le bouquin de Christophe Apprill (voir TT n° 17) encore un ouvrage où l’on parle avec intelligence et recul du sujet en essayant d’aller au-delà de l’écume des choses. On est gâté, ces temps ci !
Ed. Rafael de Surtis 15€ ISBN 978-2-84672-148-6

Eric Schmitt

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Paroles de Poète

Alejandro Szwarcman
est musicien, poète prolifique et très apprécié si on en juge par la quantité d’artistes qui s’emparent de ses paroles (Pompeya no olvida, Réquiem para la última esquina, Te llamaremos bandoneón ou Ciudad de nadie...). Que ce soit Rubén Juárez, José Angel Trelles, Patricia Barone en chantant ou Susana Blazko, Ariel Prat, Carlos Andreoli, Juan Vattuone ou José Ogivieki en les mettant en musique.
Alejandro Szwarcman pose un regard sans concession sur la ville et l’homme d’aujourd’hui, fidèle au langage poétique et populaire. Aimant la transmission, il coordonne depuis 1997 des ateliers et des conférences pour la formation de paroliers.  

Suite à un atelier d’écriture organisé à l’Hôpital psychiatrique le Borda, Alejandro Szwarcman a écrit ces paroles, en mai dernier, sur une musique composée quelques jours plus tôt par le guitariste et chanteur Néstor Basurto. C’est Daniel Cortés qui la chanta pour la première fois lors du Xème Festival de Tango de Buenos Aires en août dernier dans un moment très émouvant et atypique où des tangos écrits par les internés étaient également chantés. Néstor Basurto a ensuite interprété ce thème et on attend avec impatience la version de l’auteur qui chante également. A suivre !
 

MILONGA POUR PABLO
Récitatif :
Pablo est un ange édenté et maigrelet
qui se promène dans les couloirs du Borda*
semant des graines de moineau
pour que le monde ne manque pas d’ailes...

Avec les pieds
à l’envers
marche après marche
il monte vers le soleil
pour épier
comment vivent
ceux du dehors...

Pablo voit de la vérité
dans un atome de riz
et en riant
on dirait presque
la métaphore de Dieu.

Et si un oiseau de feu
sans le vouloir l’aveugle
il peut voir l’obscurité
bien mieux
qu’un autre mortel...
Mais il joue à être poète
et se tire sur sa goélette...
De la douleur il fera une fleur
aux pétales de pain...

Capitaine
sans gouvernail
d’une étoile de corail.
Il enfourche un poisson
sans harnais
pour fuir la pauvreté...

Pavillon...
Solitude....
Chaque nuit est un mille-pattes,
un matelas de sciure
dans le creux d’une noix...

Et si un oiseau de feu
sans le vouloir l’aveugle
Il peut voir l’obscurité
bien mieux qu’un autre mortel...
Mais il joue à être poète
et se tire sur sa goélette...
Comme Jean* sur le Jourdain
un fou est un prophète...
De la douleur il fera une fleur
aux pétales de pain...

Paroles: Alejandro Szwarcman -Musique: Néstor Basurto
* Le Borda : hôpital psychiatrique
* Saint Jean-Baptiste

Traduction Solange Bazely
avec l’aide précieuse de l’auteur et la vigilance de Françoise Thanas
Pour écouter la chanson en version originale :
http://www.myspace.com/alejandroszwarcman



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