LE TANGO DE LA VIEILLE GARDE


Rédigé le Lundi 2 Décembre 2013 | Lu 685 fois



LE TANGO DE LA VIEILLE GARDE
LE TANGO DE LA VIEILLE GARDE
Arturo Perez Reverte
Editions du Seuil , 22 euros
ISBN 978 2 02 111035 7
Bon, si je me suis jeté sur ce livre, c’est pour deux très bonnes raisons . D’abord son titre qui interpellera nécessairement tous les individus souffrant de la meme monomanie que moi, à savoir le tango. Ensuite, le nom de son auteur, Arturo Perez Reverte, écrivain espagnol célèbre bien au-delà de ses frontières nationales, à qui l’on doit la série des épatantes aventures de son capitaine Alatriste et d’autres opus tout aussi intéressants comme « jour de colère », ou « le hussard ». Une plume féconde et vivante bien loin des nombrilismes germanopratins somnifères et maniérés qu’on veut à toute force nous fourguer par ici, et qui n’invitent pas à la lecture contrairement  à la production littéraire de Perez Reverte, justement.
Ceci posé, penchons- nous quelque peu sur le contenu. Le tango de la vieille garde, ça fait très étrange et ça sonne moins bien que « el tango de la Guardia Vieja » pour un aficionado.  Ce n’est pas une métaphore, ça parle bien de tango, celui de la Guardia Vieja et des origines, de sa confrontation avec le monde de la bourgeoisie riche, mais pas tout du long, même si on devine que sa musique revient en flash back tout du long. Synthétiser  l’histoire serait un peu dommage car réducteur. Disons pour simplifier, que cette histoire de passion sulfureuse et quelque peu atypique s’articule sur trois dates et trois lieux correspondants Buenos Aires 1928, Nice 1937 et Sorrente (Italie ) 1966. Pour varier les plaisirs, l’activité du personnage principal, un danseur argentin à la moralité ambivalente, s’articule au fil du temps autour du tango, de l’espionnage et des échecs, le point commun portant sur la technicité un peu spéciale du personnage principal. L’ensemble formerait un assemblage hétéroclite, si l’auteur n’avait  veillé à nouer étroitement les fils de l’intrigue et surtout à privilégier une écriture très cinématographique sur le mode d’allers retours continuels entre les périodes. De facto, le scénario d’un éventuel film est déjà ficelé.
Si j’avoue toutefois avoir eu quelques difficultés à entrer dans l’histoire lors d’un premier chapitre au rythme très lent (il faut dire que ça se passe pour une large part sur un transatlantique et qu’on doit largement s’y emmerder autant que dans une croisière tango), la mayonnaise monte  par contre crescendo tout au long du bouquin grâce à ce système de fils reliant les personnages entre les différentes époques et par le style percutant d’Arturo Perez Reverte, qui là encore, ne sait pas décevoir.  Raconter une histoire, c’est bien, encore faut-il avoir la manière, faire ressortir l’ambivalence des personnages, la complexité de leurs relations, ne pas sombrer dans le sensationnalisme, poser les nœuds de l’intrigue… toutes sortes de choses que l’auteur sait faire avec une maestria évidente.
Eric Schmitt



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