GOTAN PROJECT


Rédigé le Jeudi 1 Juillet 2010 | Lu 743 fois


TANGO 3 .0

Dansabilité : 3/5
Qualité sonore : 5/5
Créativité : 4/5
Note cœur : 3/5
Partie vocale : oui
Durée : 44 mn
Distribué : Partout !


Comme son nom l’indique, c’est le 3ème opus de Gotan Project ; les parutions de live et de remix comptant pour du beurre. Le premier a été un grand succès commercial, le second a évité le syndrome classique d’une resucée du premier en proposant des options nouvelles et réussies (cf le Paris Texas, Celos…), autant dire que le 3ème est attendu au tournant.

Côté musiciens, on ne change pas une équipe qui gagne. Outre le trio de base (Cohen Solal, Makaroff, Müller), le bail de Nini Flores (bando), Gustavo Beytelmann (piano) ou Cristina Villalonga (voix), présents dès le premier album, a été reconduit. Viennent s’ajouter pour l’occasion quelques pointures de luxe : Franco Luciani à l’harmonica, Melingo au chant et à la clarinette, ou Doctor John (si, si !) à l’orgue, pour ne citer qu’eux.

Côté contenu, l’idée revendiquée est de «partir d’ailleurs pour revenir au tango». On va donc repérer l’orgue du légendaire bluesman Doctor John, une section de cuivres largement employée, la clarinette (largement employée aux débuts du tango), une «twanging guitar»… Tout ceci amène à revisiter cumbia, ska, blues, chacarera, voire musique de film. Il y a un peu à boire et à manger dans tout ça. Et avec des bonheurs divers. On a l’impression d’entendre le riff de Grease sur Panamericana un peu répétitif, on restera un poil dubitatif sur le gimmick d’une voix qui joue un tantinet trop les équilibristes, sur les utilisations de sifflotements ou de chœurs d’enfants, peut-être un peu superfétatoires.

On ne devrait toutefois pas pouvoir rester indifférent sur Tango square, Peligro, De hombre a hombre ou La Gloria avec une intervention hilarante de Victor Hugo Morales dribblant entre les noms des musiciens façon commentaire radio d’un match de football. Trois titres réussis sur un album, il n’y pas ou peu de groupes d’électro qui puissent s’en targuer. Et s’il y a bien une qualité qu’on ne peut pas refuser aux hommes de Gotán, c’est de chercher à se complaire dans une formule toute faite…
 

Eric Schmitt

Paru dans le magazine Tout Tango n°24 juillet à septembre 2010




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