EL CACHIVACHE


Rédigé le Mardi 1 Octobre 2013 | Lu 1011 fois


La série sur les orchestres d’aujourd’hui pourrait s’arrêter mais depuis quelques années, nous devons nous rendre à l’évidence : ils poussent comme des champignons partout où le terrain est propice.
Le tanguero est baroudeur, c’est pourquoi il lui arrive de les croiser dans des festivals ou d’autres événements et de danser sur leur musique. Ils ont leurs chouchous, leurs préférés car chacun se distingue malgré quelques éléments qui les rapprochent tous : les musiciens sont relativement jeunes, ils composent et travaillent leur musique pour le bal, puis ils s’organisent en plusieurs formations de tailles différentes afin de s’adapter aux demandes orientées par trois critères :
« La note de cœur », le calendrier et la possibilité financière !

Après SILBANDO, ROULOTTE TANGO et LA TRIPTICA (cf Toutango n°s 34, 35, 36)... Cette fois, c’est Vito (le guitariste de « EL CACHIVACHE » qui livre son histoire, et pour lequel je me suis appliquée à traduire au plus juste en français l’intention de son expression.
Le prochain ? Je croise les doigts pour qu’ils se prêtent au jeu des questions, ce sera une surprise !


1 . Construction de l’orchestre :
- Comment l’envie est-elle née (son origine), les rencontres, les points communs ?
- C’était en 2008, à BILBAO, l’orchestre est né lorsque nous nous sommes connus, Pablo et moi avec l’envie de faire de la bonne musique et de partager notre héritage en commun. Celle de Buenos Aires. Pour les « porteños », le tango, plus qu’un genre musical, est surtout ce que nous générons musicalement.
- Les embûches, les difficultés ?
- On doit s’adapter à la demande, alors nous avons décliné EL CACHIVACHE en deux formations :
- Un cuarteto de piano, guitare, bandonéon et violon,
- et un sexteto ou se rajoutent la contrebasse et le chanteur pour des événements comme de grands festivals qui recherchent une formation plus complète.

 2 . Choix et motivations:
- Comment choisissez-vous les morceaux (critères de choix) ?
- Quelles ont été les motivations principales pour musicaliser des soirées dansantes (au lieu de se consacrer uniquement à la musique « qui s’écoute » ?
- Dans le tango, il y a deux répertoires ou registres clairement différenciés: un premier seulement pour écouter, plus élaboré tant sur le plan musical que poétique, et un deuxième pour la danse comme par exemple celui de D’ARIENZO très rythmique. Pour pondérer cela, deux groupes musicaux existent tout en partageant des éléments communs. C’est–à-dire qu’il y a la musique sur laquelle on peut facilement danser dessus parce qu’elle a un bon rythme mais qui ne propose pas de grandes élaborations et subtilités. Nous travaillons cet espace musical pour offrir une musique qui à la fois te donne du plaisir à écouter et qui te fait bouger les jambes ! C’est ce qui s’est passé à l’époque avec TROILO, DI SARLI, et tant d’autres de la décennie 40.
- Nous aimons le tango et le vivons intégralement, nous le jouons et le représentons avec nos instruments, mais aussi nous le dansons, l’écoutons à la maison et allons écouter d’autres orchestres, chaque fois qu’on le peut. Nous collectionnons la musique, nous nous investissons énormément, c’est pour cela aussi que nous animons une radio « on line » (www.dyb.fm/radiocachivache.com), et pour cette même raison, on nous demande souvent comme DJ’s.
- Nous organisons des milongas, d’ailleurs celle de septembre 2013 fut un peu particulière, sous la forme d’un festival car la date a coïncidé avec les 5 ans du groupe (www.basquecountry.tangofest.com).
- C’est très agréable que le public t’écoute, mais quelle que soit la forme, ce que suscite cette musique qu’est le TANGO, est l’envie de danser, et là, nous sommes comblés !


3 . Plaisir et contraintes :
- Quelles satisfactions retirez-vous de vos premières expériences ?
- Quelles difficultés rencontrez-vous pour fonctionner (à ce propos, l’Argentine et l’Europe seront différenciées) ?
- Quels moyens utilisez-vous pour vous faire connaître ?
La plus grande difficulté que nous rencontrons en Europe est de ne pas pouvoir échanger facilement avec d’autres musiciens de manière dynamique car nous sommes peu à jouer ce style et sommes loin l’un de l’autre.
A l’inverse, à Buenos Aires, nous sommes beaucoup de musiciens et d’orchestres dans une seule ville, ce qui génère une influence mutuelle et un enrichissement culturel général, ce qui explique aussi que le projet musical se fait plus rapidement. Les orchestres s’y développent en qualité de manière exponentielle, on peut dire que la terre y est plus fertile pour faire croître l’arbre du tango.
C’est pour cela, entre autre que nous essayons de rester là-bas  une bonne partie de l’année, travaillant, dansant et échangeant notre passion dans notre ville d’origine. C’est toujours un moment d’évolution pour nous.
A ce jour, nous recensons de nombreux et très bons orchestres jeunes à Buenos Aires !


4 . Le passé - Le présent – Le futur :
Qu’avez-vous envie de défendre ?
Dans quelle mesure arrivez-vous à conserver une mémoire tout en donnant de la fraîcheur et de la nouveauté dans vos créations ?
Votre meilleur et votre plus mauvais souvenir (un « clin d’oeil ») ?
Comment voyez-vous l’avenir musical (comment voulez-vous faire évoluer votre musique) ?
- Nous avons envie de faire et de défendre un tango authentique qui naît de nos besoins, de nos goûts actuels quelle que soit la forme. C’est très facile de faire du « tango for export » et ça fonctionne probablement bien, mais cela ne nous motive pas. Nous avons besoin de transmettre ce que pour nous est le tango aujourd’hui et de manière impérieuse, le faire avec sincérité, ce qui souvent a pour conséquence une attitude « peu commerciale ».


5 . Conclusion :
A quelle question vous auriez  aimé répondre qui ne vous a pas été posée ?
Ça va !
Vos trois orchestres préférés de tangos et vos trois orchestres préférés autres styles ?
-TROILO (années 40), PUGLIESE (années 30) et la FERNANDEZ FIERRO d’aujourd’hui mais je ne peux pas m’empêcher de mentionner le QUINTETO REAL et PIAZZOLLA, desquels j’en découvre tous les jours quelque chose.
-Mes groupes préférés hors tango sont : les BEATLES, ROLLING STONES, PINK FLOYD
Y.... VIVA el TANGO !!!

 Propos recueillis par Marie-Pierre Gabis

Article paru dans le magazine Tout Tango n°37 Octobre Décembre 2013



Nouveau commentaire :
Twitter