DES ALTERNATIVES AU FESTIVAL


Rédigé le Vendredi 4 Juillet 2014 | Lu 42994 fois


Ainsi qu’indiqué dans le précédent article les alternatives (souvent revendiquées en tant que telles) au festival (voir le précédent article "le modèle des festivals est il en crise?") en tant qu’évènement tango susceptible de sortir de l’ordinaire par rapport aux milongas simples se décline selon trois modes principaux : Festivalito, Encuentros, Marathons


LES FESTIVALITOS

les organisateurs du festivalito Tango Mon Amour
les organisateurs du festivalito Tango Mon Amour

Tout tient dans la terminaison « ito ».  Le principe est le même qu’un festival : des cours, des bals, des démos, quelquefois un orchestre. Mais ici le downsizing est revendiqué. On fait petit pour que ça reste à taille humaine. Et l’idée se traduit, y compris dans le titre : un des premiers festivalitos s’appelait « Festivalito con amigos ». Les organisateurs contactés insistent sur le côté simple de l’approche et l’idée de faire quelque chose dans une ambiance décontractée, avec une relative simplicité d’organisation, et une ambiance un tant soit peu feutrée.  Un tant soit peu est l’expression correcte, car au niveau de l’ampleur de la manifestation, il y a des évènements estampillés « festivalito » qui drainent plus de monde que certains festivals… en affichant par là même une volonté de ne pas entrer dans une logique de « toujours plus gros ». Et donc  affichent souvent complet.

LES ENCUENTROS

Encuentro Mirame 2014
Encuentro Mirame 2014


Littéralement un encuentro signifie une « rencontre ». Le concept (tout du moins pour l’acception qui prévaut dans le sud et sud est de la France) est plus radical : pas de démos, de cours, d’orchestre. On axe toute la dépense sur le lieu qu’on veut confortable, et sur la programmation des DJs, lesquels sont choisis pour leur renommée en termes de maitrise de la programmation. Le budget passera essentiellement dans ces postes de dépense.  Donc pas de risque de boire le bouillon pour avoir loué les services de maestros internationaux aux tarifs prohibitifs que l’on ne peut pas forcément amortir. Et on se consacre à la réussite d’un seul élément au lieu de se disperser. On cible en outre un seul type de public. L’idée par ailleurs est de consacrer tout le temps de danse aux participants (du bal, seulement du bal et que du bal !). Du coup, et c’est voulu, ne viennent à ce type d’évènements que ceux qui savent danser. Pas de « touristes » donc ou de plus ou moins débutants venus regarder la démo.
Autres paramètres : limitation du nombre de participants et parité Hommes/femmes ! En effet, à parité les danseuses inscrites peuvent espérer une certaine fluidité et rotation  des partenaires dans les tandas, bien plus que si le rapport H/F s’établissait à  65/45 (et là la banquette guette…).
Bien évidemment la durée s’étalera sur 3 jours au moins. En effet pour obtenir l’affluence de gens extérieurs à la région, on se doute bien qu’il est plus attractif de proposer trois jours de danse plutôt qu’une simple milonga.
Certains organisateurs donnent de l’encuentro une définition plus stricte : du bal oui, mais «milonguero ». Avec quelquefois des règles du jeu assez définies : invitation par cabeceo et mirada «obligatoire », voire séparation des hommes et des femmes dans l’espace (comme à l’église, ou la synagogue) pour que le rituel de l’invitation ainsi défini soit bien respecté. Et avec l’idée de ne regrouper que les aficionados d’un style  « milonguero » conçu peut être plus dans l’acception d’une forme que d’un esprit. Dans le genre l’avertissement du dernier encuentro milonguero de Kehl précisait ainsi :
« Cet évènement est une rencontre: il n’y a ni stage, ni démonstration, ni orchestre.On dansera uniquement sur de la musique traditionnelle organisée en tandas et cortinas. Un Encuentro milonguero:C’est un endroit où l'on danse milonguero, où les invitations se font par mirada et cabeceo, où l’on danse en abrazo fermé, où les pieds et les talons restent au sol, où l’on danse dans le sens du bal, en restant dans sa ligne, où l’on avance dès que l’espace le permet, où l’on respecte l’espace des autres danseurs. » Ce qui a le mérite d’etre clair.
Mais attention, cette vision de l’encuentro n’est pas universelle ! Les Espagnols ou les Argentins par exemple organisent des encuentros dans le sens  littéral du terme , « une rencontre », un évènement où les danseurs se rencontrent, où l’on peut trouver des cours et des démos par ailleurs. La tradition espagnole (où souvent les femmes n’hésitent pas à inviter directement, d’ailleurs) n’est pas hyper formaliste et généralement pas dans le décalque d’un style auxquels les participants seraient tenus de se conformer. Idem en Argentine où les Encuentros proposés depuis peu (comme par exemple, les Encuentros Tangueros del  Interior) proposent également cours et démos, voire orchestre.  A tel point que désormais un peu partout les organisateurs d’encuentro précisent désormais qu’ils proposent un « encuentro tanguero » ou un « encuentro milonguero » (l’encuentro tanguero ne signifiant pas pour autant qu’on y propose cours orchestre ou démo pour autant).

LES MARATHONS

marathon La latina 2014
marathon La latina 2014

Le principe n’est pas différent de celui des Encuentros. Concentrer le budget sur le lieu de danse, la qualité des DJs, limitation du nombre de partenaires, parité H/F, durée de bal conséquente (plus que les encuentros souvent). Peut être est-ce  l’effet de l’appellation sportive, mais le terme  « marathon » semble poser plus de questions et générer plus d’idées fausses que le terme « encuentro ». On y reviendra.
Précisions utiles pour les néophytes sur ce genre d'exercice que comme pour les encuentros:
- l'expression "marathon" ne suppose pas une obligation de danser non stop dans le style du film "on achève bien les chevaux". (mais  une milonga non plus)
- Il n'y a pas d'obligation de danser tout le temps, avec le partenaire avec lequel on s'est inscrit (ça permet juste de faciliter les conditions d'inscription)
- ça permet juste,  grace à la durée, de prendre le temps de connaitre les participants, de ne pas se sentir obligé comme en milonga de se dépêcher d'inviter tel ou tel parce que le temps est compté, et de gérer ses rythmes et sa fatigue sans stress particulier.
Historiquement les premiers marathons ont eu lieu à Nijmegen (Pays bas).A la suite du premier marathon organisé à Paris, Le groupe d’organisateurs du premier marathon de Paris en a dressé en 2009 dans une tribune libre de Tout Tango une description « Le premier événement du genre est apparu à Nijmegen, en Hollande, il y a plus de 10 ans. Depuis, d'autres marathons ont fleuri à Berlin, Sankt Anton, Stockholm, Bergen, Malmö, Rigi… Comme ce sont des amis - jeunes et moins jeunes - qui s'y réunissent, pas besoin de publicité, d'affiches ou de flyers: une liste d'adresses emails ou un groupe Facebook suffit. Ensuite, le bouche à oreille fait le reste.
Les marathons de tango, loin de l’image diabolique qu’on leur associe, permettent de danser sans contraintes. Approche intermédiaire entre les milongas et les festivals, ils n'ont pas vocation à les exclure mais à réunir de vrais passionnés capables de faire plusieurs centaines de kilomètres, en l’espace d’un week-end, autour d’un unique but: le plaisir de la danse.
Ici, la simplicité est de mise. Il ne subsiste que l’essentiel: un lieu, un haut-parleur, des DJ aux platines, souvent sans interruption, et des amis. Pas de concerts, ni de Maestros.
Le lieu choisi est accueillant et propice à la rencontre. D'un côté, la piste de danse, de l'autre, un lieu d'échange confortable avec boissons et nourriture à volonté. Ensemble, les deux espaces forment un cadre agréable où l'on peut partager cette passion commune. Le prix d’entrée est modique et tout est inclus. Il est même souvent possible d’y dormir. Dans le cas contraire, les appartements des tangueros locaux se transforment en dortoirs. »
Depuis, la forme semble clairement s’etre professionnalisée avec la multiplication des marathons. La taille des évènements  ayant un peu augmenté, et l’expérience aidant, la question de la logistique et de la communication a été fortement travaillée.
Mais si l’appellation ne date que d’une quinzaine d’année, le concept n’est pas une nouveauté : "Certaines fêtes que l'on organisait duraient jusqu'à une semaine. (...) Lorsque quelqu'un était fatigué, il se couchait sur un matelas installé par d'autres et il dormait quelques heures."  La bande qui organisait le premier marathon de Paris le rappelait en exergue de sa tribune libre de 2009: « Cela se passait dans les années 30 à Buenos Aires. Celui qui en parle est l'un des plus grands danseurs de l'histoire du tango argentin, Carlos Alberto Estévez, dit El Petroleo. Il avait alors une vingtaine d’années. Moins d'un siècle plus tard, la jeunesse européenne du tango perpétue cette volonté de danser au-delà de la satiété lors de nouveaux événements: les marathons de tango. »
Attention : comme pour les encuentros, il y a des marathons qui s’émancipent de la règle  « pas de démos, pas de cours, pas d’orchestre ». Certes les poissons volants ne constituent pas la majorité de l’espèce, mais j’en ai au moins repéré une demi-dizaine… dont le tout dernier en Argentine, où la simple consultation du flyer permet de savoir qu’il y a plusieurs cours donnés par des « maestros tête d’affiche » et les démos qui vont avec. Ce qui ne le différencie pas fondamentalement d’un festival.

MAIS QU’EST-CE QUI DIFFERENCIE UN MARATHON D’UN ENCUENTRO ?


Bonne question : En effet le principe de base est le même, un temps de danse sur tout un week end, organisation de la parité, numerus clausus, la priorité donnée au bal… On se demande dès lors les raisons de vocables différents. Après avoir tenté d’avoir la réponse de différents organisateurs des deux types d’évènements, il apparait que ceux qui organisent des marathons se désintéressent complètement de cette question qui leur parait un non sens, et que ceux des encuentros ont des grandes difficultés à le définir, ou s’abstiennent de répondre (y compris quand ils ont précisé dans leur annonce que ce n’était « pas un marathon »…)
J’ai personnellement rencontré plusieurs danseurs participant indifféremment aux deux types d’évènements. Ils avouent  ne pas y voir de différences fondamentales. Quelques uns  s’y essaient :
-« sauf peut etre dans le rythme qui y est donné : Il y a une pause repas , alors que les marathons en fait rarement » ; voire, le marathon de la Latina (Rome) connait bien une pause pour le repas du soir, celui de Dublin également, le récent marathon de la Maquina Tanguera à Toulouse idem,  etc
-« sauf peut etre la durée totale de danse : les nuits de marathons se terminent franchement plus tard et recommencent plus tôt le lendemain ». A consulter les programmes horaires, c’est effectivement une tendance. Mais ça fait mince.
- « sauf peut etre une moyenne d’age  de quinze à vingt ans plus élevée dans les encuentros » ; il faudrait l’avoir mesuré d’une manière non pifométrique, et un participant s’est fait fort de me donner des exemples de gens très jeunes fréquentant les encuentros. Par ailleurs les participants des premiers marathons d’il y a 10 à 15 ans continuent à les fréquenter. Or s’ils avaient en moyenne  30 ans à l’époque, ils sont aujourd’hui  pour le moins des quadras  voire des quinquagénaires…  Gageons que dans 10 ans, ils y seront toujours.

J’ai quand meme trouvé une tentative de poser des différences de manière raisonnée et sur des critères précis. Melina Sedo, dans son chouette  blog,  « Melina’s two cents » http://melinas-two-cent.blogspot.de   tente de dresser une typologie des encuentros pour justifier les choix faits dans une liste d’évènements encuentros qu’elle dressait.
Voici mes critères pour inclure un évènement dans cette liste
Abrazo proche avec l’accent sur la qualité de danse et pas la quantité de mouvements
Musique traditionnelle  structurée en tandas et cortinas présentée par des DJs qui connaissent leur affaire
Invitations en général par mirada et cabeceo
Une disposition qui permet miradas et cabeceos (avec une lumière appropriée et disposition des chaises)
Danse sociale dans le respect du sens du bal et des autres couples
Nombre égal de danseurs et guidées
En cas de demo: courte, danse sociale en abrazo proche, pas de chorégraphies
En cas de cours dispensés : cours de danse sociale uniquement
Durée de l’évènement : minimum trois jours
Milongas séparées (pas de la danse non stop comme en marathon)
Pas de musique live durant les milongas
Et elle précisait : il y a beaucoup de milongas locales ou de festivalitos locaux qui pourraient correspondre à certains (mais pas tous) de ces critères, mais ce n’est pas mon but de donner une vue panoramique de toute la scène du tango « traditionnel ». La liste donnée correspond à des évènements de portée internationale qui remplissent tous ces critères.
En supposant que la définition soit parfaite (ce que d’aucuns peuvent toujours contester, certes, mais cette définition a le mérite d'exister et d'être posée sur des éléments factuels précis) l’examen point par point permet-il de déterminer le ou les points de différenciation ?
On écartera la question des cours et démos parce que pour les deux évènements ce sont des cas minoritaires (marginaux même, s’agissant des marathons). Durée de l’évènement d’au moins trois jours, pas de musique live, nombre égal de danseurs et guidées, musique structurée en tandas et cortinas : c’est clair que sur ces points-là, la différence est inférieure à l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette.
Les amateurs exclusifs d’encuentros n’ayant jamais participé à un marathon ont tendance à penser que ce sont sur les autres points que se font la différence. Voire… Petite revue de détail
- Musique traditionnelle structurée en tandas et cortinas : c’est le lot de la plupart des évènements. Les DJs qui s’y connaissent (tant ceux des marathons que ceux des encuentros) pensent leur programmation en termes que gestion d’énergies musicales et de danse et pas en termes de modernité sonore.  A ma connaissance il n’y a qu’un marathon qui fasse la part belle à de l’alternatif dans le nord de l’Allemagne. Un peu partout ailleurs les DJs utilisent le fonds plus qu’étendu de musique traditionnelle ou jouée avec des arrangements de type traditionnel qui leur permet d’exercer leur gout de la recherche d’originalités diverses
- Abrazo proche avec l’accent sur la qualité de danse et pas la quantité de mouvements. L’époque des amateurs d’abrazo super ouverts est passée. Pour tous les marathons auxquels j’ai participé, j’ai pu noter que l’abrazo de départ était systématiquement proche (celui qui procèderait autrement passerait pour débutant ou ringard) quitte à ce qu’il se donne un peu d’élasticité dans les tours avant de reprendre sa forme. Aujourd’hui la jeune génération de bons danseurs peut et meme doit maitriser cette technique qui est la marque du tango salon, si elle veut passer un bon moment en marathon.

Abrazo Marathon La Latina
Abrazo Marathon La Latina

abrazo Mirame
abrazo Mirame


- Invitations en général par mirada et cabeceo. Outre le fait que plusieurs participants aux évènements figurant dans la liste de Mélina et habitués des encuentros confessent s’affranchir volontiers de cette règle en fonction des circonstances, il est assez net que l’invitation en marathon se fait très largement en cabeceo (et quasi obligatoirement s’il s’agit d’inviter un(e) inconnu(e).



- Une disposition qui permet miradas et cabeceos (avec une lumière appropriée et disposition des chaises) : ceci découle du point précédent. Dès lors que l’invitation se pratique ainsi, la disposition suit. Encore que dans tout type d’évènement d’une dimension conséquente, les contraintes sont les mêmes. A une trop grande distance, les myopes, par exemple ne repèrent pas un cabeceo au-delà d’une distance relativement restreinte, et des mini espaces de transaction se constituent, généralement du coté du bar , des sorties de salle, et des points d’entrée sur la piste. Un participant du marathon La Latina de 2014 me confiait ainsi être impressionné par la rapidité inégalée des transactions par cabeceo en début de tanda qui s’apparentait à celles des transactions électroniques sur les marchés boursiers…
- Danse sociale dans le respect du sens du bal et des autres couples : très clairement, marathons et encuentros ne sont pas destinés à des perdreaux de l’année. Donc quel que soit l’évènement, le respect des règles de circulation et le respect des autres sont des pré-requis et les participants d’un marathon seraient aussi peu tolérants envers quiconque s’en affranchirait que l’organisateur d’un encuentro. A ceci près qu'ils ne préjugent pas qu'une estampille stylistique la garantissent.
- Milongas séparées (pas de la danse non-stop comme en marathon)
La danse n’est pas non-stop dans un marathon : généralement si la session se termine à l’aube, les hostilités ne reprennent généralement pas avant  15h. Enfin, un interruption pour le repas du soir intervient la plupart du temps, ne serait-ce que pour des raisons logistiques (le lieu de restauration n’est pas toujours au même endroit). Dans le cas inverse, la raison est souvent que l’espace de restauration ne peut pas contenir tout le monde en même temps et qu’il faut établir un roulement. Donc certains mangent pendant que les autres continuent à danser.

En fait, il semble plutôt que la différence entre l’encuentro  (précisons peut etre encuentro « milonguero » ) et le marathon réside plus et AU FOND, (même si celui-ci relève souvent du non-dit) dans le fait que l’organisateur du premier  tient absolument à une homogénéité de style  de danse et au regroupement des adeptes d’un style codifié quand celui du second s’en moque pas mal (il veut juste qu’on danse du tango et sans  qualificatif car il le considère plutôt comme universel et non exclusif) et accueille tout le monde, dès lors que le respect du bal est là (quitte à sortir de la salle avec ou sans remboursement celui qui ne le pratiquerait pas).
A entendre ou lire certaines réflexions de participants (voire organisateurs) d’encuentros milongueros n’ayant jamais mis les pieds dans un marathon, il me semble que leur inconscient associe le mot marathon à une typologie d’évènements dont la bande son serait blindée d’électro et d’alternatif, où des djeun’s hirsutes en jeans déchirés danseraient pendant 3 jours non- stop en « faisant les moulins à vent » sans respect du sens du bal et avec un abrazo ouvert. Ce qui traduit une vision d’un tango séparé entre deux tendances datée d’une décennie au moins, tendance qui consistait à diviser le monde entre deux pôles « nuevo » et milonguero » et constituerait un « type idéal » selon la définition de Max Weber, mais serait très éloigné de la réalité qui est celle d’une frontière assez poreuse et au tracé incertain.  D’ailleurs un évènement à venir, un marathon, ne s’appelle-t-il pas encuentro del mar ?

UNE NOUVELLE TENDANCE? L'EVENEMENT DE NATURE NON IDENTIFIE


Cet étiquetage entretenu quelquefois assez artificiellement a  généré une tendance récente : la création d’évènements ayant les caractéristiques communes des Encuentros et marathons mais qui ne s’alignent sur aucune des deux dénominations dans leur intitulé quitte à le ré-étiqueter de manière subtile quoiqu’improbable  (la palme de l’inventivité revenant au « festival de DJs » El rey del compas)

Ceci étant, Encuentros et Marathons suscitent diverses interrogations (voire critiques) tant sur leur forme que sur ce qui les sous tend. Ce sera l'objet d'un prochain article.
Eric Schmitt




1.Posté par Gilberte Garcia le 06/07/2014 11:12 | Alerter
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Je suis toujours admirative de l'énergie, de la faculté à penser et à s'exprimer d'Eric. Dans cet article, il touche à un sujet qui est une des raisons qui m'a conduite à délaisser le tango, après plus de 10 ans de pratique et d'apprentissage avec des professeurs grands danseurs (cela va de soi) et grands pédagogues (ce qui est plus rare): la difficulté à envisager l'altérité, la différence. Pourquoi ce besoin de former un groupe de semblables? pourquoi l'aventure et la surprise de la rencontre doivent-elles d'abord être balisées par des pré-requis? pourquoi toutes ces précautions qui protègent de ceux qui ne dansent pas "comme il faut"? Le principe a ces rencontres, particulièrement "les encuentros"fonctionnent sur le mode de l'exclusion et donc de la discrimination. Simplement pas possible!

2.Posté par philippe gonella le 07/07/2014 22:13 | Alerter
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Le sujet semblerait vouloir être une analyse, or le discours n'est pas totalement impartial, il tend à prôner les bons côtés des marathons et pointer en défauts les caractéristiques des encuentros.
Il est vrai que à ce jour les deux termes sont vendeurs et malheureusement utilisés à tors et à travers souvent.
J'interviens pour apporter mon grain de sel et contrebalancer le débat.
Je suis plutôt "encuentro" et cela semble normal puisque revendiquant sa paternité en terme d'usage et définition de La forme dans le monde tanguero évidement.
j'ai néanmoins expérimenté et ce encore récemment des formules type "marathon". Je dois force reconnaitre qu'aujourd'hui les deux évènements se sont rapprochés au point de se ressembler souvent, d'ailleurs nombreux sont ceux qui fréquente les deux genres, mais il demeure quelques nuances.
Ce rapprochement ayant par chance mutuellement nourrit les deux styles.
A l'origine les marathons comprenaient souvent des ateliers professés par les stars du moment avec démos en conséquence, une clientèle plutôt jeune revendiquant une liberté d'expression hors contraintes, la musique quand à elle est passée de l'électro, au tangos des années 20/30, puis 50/60, et à l'heure actuelle majoritairement 30/40, comme invariablement dans les critères de l'encuentro (musique de l'âge d'or) -
Donc côté musique c'est la même chose actuellement, OK.
De la neige est tombée sur les jeunes marathoniens de jadis, et du coup beaucoup se sont calmés et arrivent à se rendre compte qu'ils ne sont pas seul dans l'évènement. Pas tous, mais pas plus chez les milongueros d'ailleurs...
Le bon côté c'est que certains "milongueros" ont commencé à jouer avec les axes et la dissociation, rendant leur expression artistique moins routinière.
La moyenne d'âge reste malgré tout encore plus jeune chez les marathoniens, je suppose que l'étiquette du milonguero ringard, en costard cravate, à cheval sur des traditions de temps révolus, rigide et sans fantaisie fait peur à une clientèle branchée, buveur de mousse en pantalon thai et dreads. Bref les étiquettes!
L'invitation du regard les fameux mirada y cabeceo ont enfin été compris dans les grandes lignes et usité par le plus grand nombre.
Le respect des cortinas pas encore bien intégré chez les marathoniens qui peuvent rester en piste largement plus qu'une tanda avec la même partenaire.
L'amplitude horaire est plus ou moins la même chose dans les deux camps.
La notion de leader/follower,sans distinction de sexe, chère aux marathoniens, gagne en importance chez les milongueros (en Europe tout au moins).
Il est vrai que certains organisateurs d'encuentros font une sélection sur des critères de "pédigrée" qui se veulent qualitatifs, que je ne cautionne pas d'ailleurs, tout comme un certain copinage existe aussi dans l'autre clan.
D'ailleurs il y a peu, un ami qui fréquente indifféremment les deux formules me disait que à son sens la différence entre l'un et l'autre c'était la présence ou non de chaises autour de la piste!
Il semblerait donc que la notion de rapprochement, démarrée il y a 5 ou 6 ans continue de progresser, pour arriver espérons le un jour, à une parfaite cohésion.
Cette réflexion concerne les deux types définit clairement comme "encuentro" ou "marathon" et pas les hybrides qui naviguent allègrement de l'un à l'autre histoire d'attirer le plus grand nombre.
Philippe Gonella

3.Posté par ASSOCIATION CAMINITO TANGO le 08/07/2014 09:13 | Alerter
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Rhaaa, oui, que voilà un commentaire bienvenu, Philippe, du fait qu'il apporte des éléments factuels. Oui, le fond de l'article c'était de définir des évènements alternatifs au festival. La dernière partie de l'article portait sur le contenu des étiquettes, (car en France on aime les étiquettes, on en raffole, même, d'une part part parce que c'est le coté cartésien, jardin à la française, et d'autre part parce que l''esprit gaulois qui n'aime rien tant que le splendide isolement de chaque irréductible tribu laquelle se doit de se nommer pour qu'elle puisse se définir par rapport et quelquefois contre les autres, en revendiquant la justesse de ses manies ou obsessions). Objectivement je pense (et manifestement compte tenu de ce que j'ai entendu au cours de mes entretiens je ne suis pas le seul) que les deux étiquettes n'ont pas grand chose de différent dans le contenu sauf qu'elles avaient au début une vocation latente à définir un circuit pour une clientèle ciblée ou une demande spécifique, à laquelle une réponse devait nécessairement arriver, la nature ayant horreur du vide. Sauf si on veut chercher un "type idéal" au sens sociologique du terme.

Pour en revenir sur deux points de différenciation proposés:
- plus d'une tanda d'affilée? En marathon, l'essentiel se fait sur une tanda. On peut toujours en voir qui "remettent le couvert" pour une tanda de plus, mais ce que j'ai pu constater, ça ne peut excéder une deuxième sans qu'il soit nécessiaire de légiférer sur le sujet, et ça arrive pour une grande part entre deux personnes qui se connaissent bien.
- des chaises de tous les cotés? L'absence de chaises sur un coté de la salle ne définit pas un marathon en soi. Le marathon de Dublin en dispose sur toute la périphérie, Amor en Budapest sur quatre, Le marathon La Latina sur trois et demi, la Endorfina sur trois et demi (l'espace de la petite scène ne le permet pas).Seul contre exemple que j'ai relevé: le marathon de la Maquina à Toulouse (deux cotés et demi). Encore faut il relever que certains cotés et recoins sont remplis en dernier, chacun visant les cotés sortie et bar où les possibilités transactionnelles sont plus évidentes.

Un point aurait mérité d'etre précisé: il serait intéressant d'indiquer quels marathons des débuts "comprenaient des ateliers professés par les stars du moment avec démos en conséquence", car le concept était radicalement à l'opposé de cette idée. Selon mes observations, c'est au contraire une tendance récente qui a essentiellement cours de manière marginale dans certains pays d'Europe du Sud et des Balkans.

Enfin, gageons que l'avenir verra le développement d'évènements qui ne revendiquent aucune des deux étiquettes, dans la mesure où c'est le contenu organisationnel concret qui intéresse les participants.
Dernier point: Je n'ai pas traité le sujet en pointant les "défauts" des encuentros et faisant valoir les bons cotés des marathons. dans la mesure, où les "bons cotés" sont les meme et il ne me semble pas avoir pointé des "défauts" dans les encuentros. Certains définissent peut etre plus que d'autres des pré requis précis pour des raisons tenant à leur vision de l'évènement, et c'est bien leur droit. Ceux qui n'adhèrent pas à ces pré requis ont par ailleurs un choix large de propositions. Il s'agit juste de définir de passer en revue comme le titre de l'article l'indique les alternatives au festival.
Celles ci par contre ont des effets induits et soulevé des critiques ou des observations, comme dans le commentaire précédent. Ca fera l'objet d'un prochain article. Mais il convient d'avertir d'ores et déjà que celles qui seront relevées englobent les deux appellations de manière confondue.

4.Posté par Melina le 23/09/2015 07:41 | Alerter
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Merci d'avoir cité mon blog: http://melinas-two-cent.blogspot.de

Je veux ajouter quelques pensées et clarifier:

1. Le posting avec la list des critères était écrit en 2013. Voici le lien:
http://melinas-two-cent.blogspot.de/2013/09/festivalitos-encuentros-milongueros-2014.html
Donc, depuis cet an, des choses on évolués.

2. J'ai écrit un article en 2014 qui décrit la situation plus actuelle et le fait que les Marathons et Encuentros se ressemblent de plus en plus.
http://melinas-two-cent.blogspot.de/2014/12/quo-vadis-encuentro-milonguero-ii.html

3. Il-y-a au moins un critère important lequel encore distingue les Marathons et Encuentros, lequel Philippe a déjà mentionné:
Aux Encuentros, un couple se rencontre pour UNE SEULE TANDA sur la piste et après se sépare. Peut-être ils danseront ensemble plus tard, mais normalement, ils danseront avec beaucoup des différents personnes dans une Milonga.
Aux Marathons, il-y-a évidemment un règle non-explicite de danser ensemble pour au moins 3 tandas. Ca crée un ambiance totalement différente, comme beaucoup des amis qui visitent les deux types me l'assurent: aux Encuentros on peut prendre le risque de danser avec quelqu‘un inconnu, car on va jamais risquer de "souffrir“ trop longtemps. Aux Marathons, on danse plutôt avec des amis ainsi avec moins des personnes par soir. Et car les couples ne se séparent pas après chaque tanda, si la piste est pas vidée, le cabeceo/mirada devient difficile.

4. Les Encuentros et Festivalitos peuvent aussi être très différents entre eux:
Il-y-en a quelqu'uns avec séparation des hommes/femmes au niveau des places autour la piste et d'autres où on choisit librement.
Il-y-a des Encuentros avec un âge moyen plutôt élevé et des autres plus jeunes - presque comme des Marathons. Ca dépend beaucoup des organisateurs, leurs amis, leur philosophie générale.
Il me semble aussi qu'il y a une relation entre séparation homme/femmes et âge moyen.
(Lire: http://melinas-two-cent.blogspot.de/2013/05/divide-and-rule.html)
A cause de ça, j‘ai choisi de présenter ma liste les événements en deux groupes depuis 2015: http://melinas-two-cent.blogspot.de/2014/12/festivalitos-encuentros-milongueros-2015.html

5. The Festivalito con Amigos (organisée par Detlef, moi et nos amis, le Tangokombinat depuis 2008) n'était pas le premier Festivalito. Mais notre (Detlef & Melina) premier Festivalito était en 2004 le „Festivalito de los Angeles“. C‘était longtemps avant la création des Encuentros et Festivalitos Milongueros. A l‘époque, il n'était pas nécessaire de formuler les règles du bal, car chez nous c‘était normal de danser en enlacement proche, inviter par cabeceo/mirada et se comporter socialement sur la piste. Aussi les tandas&cortinas et musique 100% traditionnelle était déjà en vigueur dans plusieurs Milongas. Donc, on n'a pas beaucoup réfléchi ni parler de ces critères. Mais on se distinguait des plus grands festivals (avec des démos du tango de scène et des grandes nombres des participants). Donc, on a choisi de le appeler „Festivalito“, un terme qui a l‘époque pour moi n'était pas encore connu. Mais, qui existait déjà sans doute! ;-)

6. Les termes „Festivalito“ et „Encuentro“ sont utilisés de manière variable, car des événements ont changé leur formes au cours des ans et ont gardé les mêmes noms: Le FCA a commencé comme un Festivalito avec stages, aujourd‘hui c‘est un Encuentro privé. Mais on a gardé le nom „Festivalito con Amigos“. Le Encuentro „Abrazos“ en Angleterre était toujours appelé „Encuentro“, même pendant les premiers 4 ans, dont il-y-avait encore des stages. La raison était que Andreas et Lynn avait l'intention de le développer dans la direction "encuentro". Donc, j'utilise les deux termes ensemble „Festivalito/Encuentro Milongueros“ pour décrire le phénomène général.

5.Posté par Eric Schmitt le 25/09/2015 23:50 | Alerter
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Juste un commentaire sur le point 3 qui énonce une très grosse inexactitude: Il n'y a aucune règle qui dit que dans un marathon on doive danser au moins 3 tandas. Au contraire, pour avoir pratiqué ce genre d'évènements, je n'ai JAMAIS vu des gens s'embarquer dans trois tandas. Pour 95 % des cas au moins, les gens se séparent après la tanda, pendant la cortina donc. Cortina pendant laquelle la piste se vide. Et s'ils ont envie de faire un doublé (ce qui est rarissime) c'est conditionné à ce qui vient comme orchestre.

6.Posté par Melina Sedo le 26/09/2015 10:57 | Alerter
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Eric: J'ai parlée de une règle non-explicite. Je suis sûre que c'est pas écrit et c'est pas pratiqué partout. Mais c'est ce que beaucoup des ""Marathonistas m'ont expliqués et aussi beaucoup des "Encuentreros" qui on visités des Marathons. Peut-être il-y-a vraiment des très différents styles de Marathons. Comme chez les Encuentros?
Peut-être on devrait faire une enquête pour avoir des "nombres"…

7.Posté par Eric Schmitt le 26/09/2015 12:20 | Alerter
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Je suis allé en République Tchèque, en irlande; en Italie, en France, pas en Espagne mais alors là, clairement, les Espagnols sont les gens d'une seule tanda.
Et dans tous ces endroits, en plus des ressortissants des pays susvisés, on croise des Allemands, des Belges, des Suedois, des Danois des Russes, des Slovènes, des Autrichiens, des Polonais, des Neerlandais, des Portugais, des Turcs... Ca fait donc un bon échantillonage.! Et normalement ça aurait du apparaitre à un endroit ou un autre.
Je ne sais donc pas quels marathons ton correspondant pratique, mais je suis curieux de savoir lesquels... afin de ne surtout pas y aller. Mais encore une fois faire une généralité sur ce point est pour le moins très inexact. C'est comme si je disais que tous les encuentros procédaient par l'inscription en utilisant un questionnaire pour vérifier si la personne qui s'inscrit est 'dans la ligne du Parti' comme on disait chez les communistes à une époque. Il y a des cas connus sur ce dernier point, mais c'est quand meme une rareté et je ne m'amuserais pas à énoncer ça comme une généralité.

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