Cinema 24


Rédigé le Jeudi 1 Juillet 2010 | Lu 869 fois



Festival de Cannes oblige, le cinéma argentin est couronné dans la section Un certain Regard du prix de l’interprétation féminine grâce au film Los Labios, de Santiago Loza et Iván Fund pour les trois protagonistes : Adela Sánchez, Eva Bianco et Victoria Raposo. Ce film venait déjà de remporter le prix de la meilleure réalisation au Bafici. 

Un prix n’avait pas été attribué au cinéma argentin à Cannes depuis El Viaje, de Fernando Solanas en 1992 (Grand Prix de la Commission supérieure Technique).

Le film  Carancho, de Pablo Trapero, avec Ricardo Darín, était également présent dans cette section et La mirada invisible, de Diego Lerman, dans la quinzaine des réalisateurs.

 

Bicentenaire à l’honneur, la première exposition sur le cinéma historique argentin a eu lieu au Musée historique allemand à Berlin, avec des films tels que La Patagonia rebelde, de Héctor Olivera ; Asesinato en el Senado de la Nación, de Juan José Jusid ; Quebracho, de Ricardo Wullicher ; Camila, de María Luisa Bemberg ; 1973, un grito de corazón, de Liliana Mazure et Evita, quien quiera oír, que oiga, de Eduardo Mignogna, entre autres.

 

Du cinéma argentin dans les festivals en France

Du 19 au 28 mars, ont eu lieu les 22ème Rencontres Cinémas d’Amérique Latine à Toulouse avec les films argentins et uruguayens toujours très présents avec trois films en compétition et 36 autres films et la clôture du festival avec «El secreto de sus ojos» de Campanella. Signalons qu’Esther Saint-Dizier, présidente d’honneur à l’origine de ces Rencontres, a été nommée au grade de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres pour son travail au sein de l’ARCALT, organisateur de ces Rencontres.  Le prix du public ex-aequo a été attribué à deux films argentins. Le premier : El hombre de al lado, de Gastón Duprat et Mariano Cohn (Argentine, 1h 50, 2009) déjà repérés l’an dernier pour El artista. Le second, El último verano de la Boyita, de Julia Solomonoff (Argentine, 1h 33, 2009), films que je vous recommande tous deux. Cela aura été également l’occasion de voir le documentaire Estela, sur Estela de Carlotto, une des grands-mères de la place de mai (www.abuelas.org.ar) toujours en quête de son petit-fils et le classique film historique El santo de la espada, de Leopoldo Torre Nilsson (1969), avec Alfredo Alcón dans le rôle du général San Martín, sur une musique d’Ariel Ramirez avec, en plus, une scène où chante Mercedes Sosa.

www.cinelatino.com.fr/arcalt/index.php

 

Du 5 au 11 avril, a eu lieu le premier festival Pico y pala : cinéma et mobilisations sociales en Argentine, qui se propose de montrer «les films invisibles, réalisés en groupe, auto-produits, et à petit budget, qui s’inscrivent dans le sillage d’un cinéma militant, tel que le cine piquetero». Les images donnent la parole aux «oubliés» des médias, diffusant des informations qui s’éloignent du discours traditionnel. Ces créations, inédites en France, sont particulièrement révélatrices d’une réalité argentine souvent omise ou cachée.

http://picoypala.canalblog.com

 

La Sudestada a déroulé son tapis rouge pour sa 12ème édition qui a eu lieu à Paris du 11 au 21 mai  avec des projections gratuites à la Maison de l’Amérique Latine et à la Maison d’Argentine, associant films classiques et œuvres récentes dans une diversité de genres et de recherches esthétiques qui permettent d’apprécier la richesse de la création cinématographique actuelle, la liberté et la pertinence du regard des cinéastes sur la société argentine. Grâce à sa directrice Nora Sack Rofman, on aura pu voir, à trente six ans de sa première sortie, le film La Patagonia rebelde, (1974) d’Héctor Olivera, dont le scénario est basé sur un texte d’Osvaldo Bayer, qui raconte les affrontements sociaux de 1921 en Patagonie. Dès sa première, le film a entraîné réalisateurs et interprètes dans un parcours d’injustices et de censure, mais aussi de courage, jusqu’à sa sortie définitive en 1984. Il a reçu l’Ours d’Argent au Festival de Berlin en 1974.

www.lasudestadaparis.com/2010

 

Prochaine sortie

Le long-métrage La chanteuse de Tango, de Diego Martinez Vignatti (distribution Celluloid dreams) est sorti le 2 juin en Belgique et devrait sortir prochainement en France, avec la comédienne Eugenia Ramirez Miori qui a appris à chanter spécialement pour ce film, avec l’aide d’Alfredo Piró et de Oscar Ferrari, malheureusement décédé après le tournage. www.lacantantedetango.com

On aimerait aussi que le film Homero Manzi, un poète dans la tourmente, de Eduardo Spagnuolo avec Carlos Portaluppi dans le rôle-titre, sorti en Argentine en octobre dernier, soit distribué en France...

 

Nécro-ciné-argentin

Le cinéaste Raúl de la Torre (1938-2010) nous a quittés en mars dernier, après une carrière intense et un parcours solitaire dans la cinématographie argentine, avec des succès comme Crónica de una señora (1971), El infierno tan temido (1980), et des échecs retentissants, comme El color escondido (1988) et Peperina (1995).

 

Et en mai, ce fut le tour du réalisateur Santiago Carlos Oves (Conversaciones con Mamá, et  son dernier film Fantomas de la Noche, un polar sur fond de tango) qui avait été l’invité d’honneur des 12ème rencontres de cinéma sud américain, organisées par l’ASPAS à  Marseille.

 

Brèves de ciné

Aída Bortnik (scénariste de L’Histoire officielle) et Juan José Campanella, l’heureux réalisateur du multi-primé «El secreto de sus ojos» viennent d’ouvrir une école de scénario pour développer l’instinct de narrateur. guionescine@gmail.com

 

La FIPRESCI (Fédération Internationale de la presse cinématographique) a remis en avril dernier ses prix de la décennie 2000-2009 à La ciénaga,(2001) de Lucrecia Martel avec une mention spéciale pour El aura,(2006) de Fabián Bielinsky pour lequel l’acteur Ricardo Darín reçu le prix d’interprétation. Le meilleur film 2009 a été attribué à Una semana solos, de Celina Murga avec une mention spéciale pour El secreto de sus ojos, de Juan José Campanella.
 

Solange Bazely

Articles parus dans le magazine Tout Tango n°24 juillet à septembre 2010


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