Chronique Parisienne, Lucia Mazer (avril 2009)


Rédigé le Samedi 31 Octobre 2009 à 16:04 | Lu 2403 fois | 0 commentaire(s)


Auteur El Turquito
« La scène parisienne du tango est un labyrinthe relativement complexe aux nombreux rouages dont la lecture n’est pas toujours aisée. Elle est constituée de nombreux circuits parallèles avec des réseaux permettant d’enfanter des générations entières de danseurs qui ne se croisent jamais ou presque. »

Après bien des années d’absence, Lucia Mazer est de passage en coup de vent à Paris.


Chronique Parisienne, Lucia Mazer (avril 2009)


Elle s’y était installée il y a 11 ans. A cette époque, elle eut la sensation de se trouver au centre du monde dans un lieu chargé d’histoire qui faisait encore l’histoire. De là où elle se trouvait, elle observait le monde qui évoluait, le tango qui se propageait, les différences qui s’estompaient, ce centre qui disparaissait à mesure que d’autres nombrils florissaient un peu partout.

 

Comme si le temps lui était compté, elle s’était lancée dans une quête effrénée de création, de recherche et d’analyse pour dépasser l’existant et toujours repousser les limites.  Sa dernière expérience en date l’a conduite au cirque. Quand on y fait du tango, attraper la jambe de sa partenaire pour l’acrobate est plus qu’une simple question d’émotion, c’est une affaire de vie ou de mort !

 

« Le Parisien étant socialement fainéant, afin de ne pas avoir à gérer des relations avec un grand nombre de personnes, il se fixe lui-même des limites en ne fréquentant que certains lieux où l’on retrouve toujours les mêmes. Ce faisant, il se berce dans l’illusion que le tout-Paris se limite à la seule assemblée dont il fait partie, ce qui est bien évidemment faux. »

 

Lucia innove, Lucia ose, Lucia inspire les autres. Son mouvement est félin, vif et précis. Elle n’a aucun effort à faire pour trouver des contrats, elle est très sollicitée. L’Europe, les Etats-Unis, l’Australie, l’Argentine… elle écume les pays et continents et les continents ne peuvent la contenir.

 

Elle a beaucoup réfléchi à la manière de transmettre son art en allant jusqu’à élargir ses horizons à d’autres disciplines artistiques pour tenter de trouver ce qui peut exister en commun. Elle a travaillé méticuleusement à la façon aussi de mettre en scène son corps avec la sensation particulière de communiquer à travers lui.

 

«  Le Parisien a le choix, le Parisien a tout sur un plateau d’argent, le Parisien ne sait plus où donner de la tête, il ne sait plus profiter de la chance qu’il a d’être à Paris. Il n’a plus de décision autonome et ses choix semblent déterminés par celui du réseau dans lequel il se trouve »

 

Lucia Mazer a donné des stages à Bahia Blanca le 22 mars et le 12 avril. La nouvelle n’est pas passée inaperçue. Pire, elle a tout simplement été zappée, boudée, ignorée, snobée. Pourquoi ? Peut-être parce que nous estimons qu’il est normal qu’en tant que Parisiens, nous ayons accès à ce qu’il y a de mieux, que Paris étant un lieu de passage obligé de mæstros, nous ayons donc la possibilité de prendre le train en marche n’importe quand.  Encore une illusion dont nous nous berçons. Ce sont les danseurs Parisiens qui ont à perdre et qui perdent de la paupérisation de l’accès à l’enseignement des danseurs de haut niveau. Ceux-là, ils iront voir ailleurs et c’est d’ailleurs exactement ce qu’ils ont commencé à faire.

 

Stéphane Koch

 

Pour plus d’infos http://milongabahiablanca.blogspot.com/

http://luciamazer.blogpot.com/




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