Argentine tango: Another behavioral addiction?


Rédigé le Mardi 27 Mai 2014 | Lu 12221 fois


Suite au questionnaire/enquête soumis aux danseurs via le magazine Tout Tango en novembre 2011, 1372 danseurs avaient répondu et il a été possible à l'équipe de chercheurs (CHU service addictologie Nîmes) d'écrire un article accepté par la "très haute autorité scientifique", publié dans le "Journal of Behavioral Addictions"


Journal of Behavioral Addictions 2(3), pp. 179–186 (2013)
Auteurs
Remi Targhetta1, Bertrand Nalpas1, 2, 3 Email for bertrand.nalpas@inserm.fr , Pascal Perney1
1CHU Caremeau Service d’Addictologie Nîmes France
2Inserm U1016 Nîmes France
3CHU Caremeau Inserm U1016, Service d’Addictologie Place du Pr. Robert Debré 30900 Nîmes France

http://www.akademiai.com/content/377766033m138n76/

L'article complet en anglais est  en pièce jointe ci-dessous

La méthode utilisée ainsi que les différentes hypothèses et questions sont commentées d'une manière approfondie dans la discussion (dernier paragraphe).
 Nous pouvons cependant en tirer quelques grandes lignes :


 En se référant aux critères établis qui définissent la dépendance (jeux, substances..), les auteurs ont démontré l'existence d'une dépendance au tango .

D'un côté, existence d'effets négatifs très légers même si ces effets doublent quand la dépendance s'accroit. D'autre part, l'existence d'effets positifs et spécifiques déjà importants chez le danseur non dépendant et qui augmentent plus le danseur est dépendant (dans les 2 cas, 2 fois supérieurs aux effets négatifs).
L'étude montre que Les "danseurs dépendants et non dépendants"   n'ont pas de comportements addictifs vis à vis d'autres substances comme l'alcool, et le cannabis, seuls "les danseurs dépendants" sont légèrement mais significativement plus dépendants  au tabac que "les danseurs non dépendants"
La co dépendance ne semble donc pas exister (contrairement à certaine autres addictions comme l'anorexie dans les ballets, l’addiction à certaines substances chez les joueurs pathologiques...).

Le tango est connu pour avoir des effets thérapeutiques :
 - Amélioration de l'activité dans la maladie de Parkinson (Foster, Golden, Duncan & Earhart,2013)
 - Amélioration chez les personnes âgées, de l'équilibre, l'agilité, la rapidité de la marche (McKinley et al., 2008)
 - Utile pour la réhabilitation chez les patients ayant subi un AVC chronique (Hackney, Hall, Echt & Wolf, 2012)

Au total , les résultats de l'étude suggèrent fortement que le tango danse peut mener à la dépendance tel qu'il est défini par le manuel officiel et actuel de diagnostic.

Pourquoi certains danseurs deviennent dépendants au tango et ce qui est le substrat précis de cette dépendance, c'est à dire primaire ou secondaire, reste inconnu encore.

La dépendance au tango est associée à plusieurs effets positifs forts (plaisir, l'estime de soi , la réduction du stress, physiques - santé, etc ) tandis que les effets négatifs sont faibles .
Cela ressemble à ce qui a été décrit pour "l'exercice toxicomanie" ( Bercziket al . , 2012) . En effet,  le tango, ainsi que toutes les danses, comprend l'activité physique, on peut se demander si dépendance tango pourrait être une simple variante de la dépendance à l'exercice.
Mais le tango ne se résume jamais à exécuter un exercice simple .
L'acte de cette danse comporte plusieurs spécificités environnementales telles que s'habiller, la musique, le statut social,  le parfum, la sensualité fournie par l'"abrazo" et la possibilité d'"embrasser"  différents partenaires selon la tanda, toutes ces sensations menant à "l'ivresse tango" .
Il semble donc probable que la dépendance au  tango ne ressemble pas "l'exercice toxicomanie "
 Néanmoins d'autres études sont nécessaires à cet égard une fois que le concept d'addiction comportementale et l'exercice seront définitivement conceptualisés.



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